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21 avril 2014 1 21 /04 /avril /2014 00:05

blade runner 2

 

Critique anticipée, rédigée pour le site La soif du septième art. Un grand merci à toute l'équipe pour m'avoir convié à sa belle aventure cinéphile !

Dire que Blade Runner 2 : The Prometheus Legacy s'annonçait comme le film de science-fiction le plus attendu de cette année 2016 – voire de la décennie – relève de l'euphémisme. Forts du récent succès de Batman contre Superman (2 milliards de dollars engrangés dès sa deuxième semaine d'exploitation), les studios Warner parient sur un nouveau carton au box-office, pour contrecarrer le phénomène Star Wars VII, avec la séquelle du film culte de Ridley Scott. Aura prestigieux du film original, effets spéciaux virtuels dernier cri, séquences d'action spectaculaires, bande originale signée Hans Zimmer, co-écriture du scénario par J.J. Abrams et Christopher Nolan (inséparables depuis leur fructueuse collaboration sur Star Trek 3 : Rise of Spock)... Tous les ingrédients de choc d'une recette vouée au triomphe, à une gloire éternelle dans l'histoire du Septième Art.

Disons-le d'emblée, Blade Runner 2 a de la gueule. Là où son prédécesseur se bornait au décor unique de la ville de Los Angeles, c'est une débauche pléthorique de décors futuristes grandioses qui vient crépiter sans cesse sous nos rétines ébahies. De New York à Paris en passant par Londres, Mumbaï ou Rio, la quête du héros – le fils de Rick Deckard et de la réplicante Rachel (incarné par Shia LaBeouf, impeccable) – est un véritable festin esthétique lasérisé, orgie de néons multicolores, de faisceaux éblouissants, de grattes-ciel fluorescents entre lesquels vient bourdonner un étourdissant ballet de vrombissants bolides volants. Peinture incandescente de la cité du futur, transcendée par les sonorités puissamment binaires du maestro Zimmer.

C'est au sein de ce panorama saisissant que l'intrigue se déploie, dans toute sa complexité, dépassant d'une part la vision humaniste du premier Blade Runner et opérant d'autre part – c'est là l'idée brillante du tandem Abrams / Nolan – une jonction a priori improbable mais diablement excitante avec la saga Alien, via un emprunt à la mythologie des films Prometheus. Ricky Deckard (Shia LaBeouf, dans son meilleur rôle depuis Transformers 5 : New Age of Witwicky) est traqué par les dirigeants de la Tyrell Corporation, qui voient en lui une aberration à éradiquer, une anomalie génétique susceptible de provoquer la chute de leur empire (si les réplicants peuvent se reproduire, leur fabrication industrielle devient caduque). Une armée de Blade Runners à ses trousses, le jeune homme doit trouver le moyen de rallier tous les réplicants à sa cause pour renverser l'ordre établi et anéantir l'humanité. Pour parvenir à ses fins, il devra compter sur l'aide des Ingénieurs (entrevus dans la série des Prometheus) et de leur mystérieuse huile noire corruptrice d'ADN. La révolution est en marche !

Miroir ainsi inversé du premier opus (les humains menacés d'extinction), Blade Runner 2 ne s'embarrasse pas de tableaux contemplatifs éculés ou d'une quelconque réflexion métaphysique barbante sur l'existence ou le désir démiurgique de contrôler la vie, mais donne lieu – au contraire – à des scènes d'action fracassantes et de destruction massive d'une ampleur inédite. Prise d'assaut du siège de la Tyrell par une armée sans nombre d'androïdes et d'Ingénieurs, courses poursuites épileptiques à travers les plus grandes métropoles, annihilation totale de New York (le traumatisme du 11 septembre à son paroxysme), combat final monumental opposant le jeune Ricky à son père devenu maléfique après avoir été reprogrammé par un ponte de Tyrell (Harrison Ford somptueusement digitalisé pour l'occasion)... Blade Runner 2 ne ménage à aucun moment notre soif de spectacle frénétique. Débarassé des scories philosophiques, des longueurs épouvantables et de l'aspect visuel désormais daté de son lointain modèle, la nouvelle bombe de Ridley Scott (définitivement de retour dans la cour des grands) s'impose non seulement comme un modèle absolu d'actionnermais aussi comme une nouvelle référence dans le paysage de la science-fiction, aux côtés des illustres Total Recall : Mémoires reprogrammées et After Earth, redonnant ses lettres de noblesse à un cinéma populaire jugé à tort comme stupide et mercantile par une intelligentsia critique auto-persuadée qu'elle détient le monopole incontestable du bon goût.

Blade Runner 2 incarne sans aucun doute l'avenir du cinéma de science-fiction, comme du cinéma populaire, se révélant de bon augure pour les sorties prochaines d'Avatar 2, 3et (réalisés par James Cameron Jr), Lost in Jurassic Park (scénarisé par Damon Lindelof), Terminator BioGenesis (produit par José Bové), Gravity 2 : Back to Darkness (spin-off centré sur le personnage de George Clooney, sponsorisé par Nespresso) et surtout le très attendu Hal Reloaded, remake mystère de 2001 : l'Odyssée de l'Espace, produit par Steven Spielberg et Michael Bay, actuellement en pré-production. De quoi nous faire baver d'envie pour les années à venir !

4sur5

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