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27 janvier 2015 2 27 /01 /janvier /2015 01:59

nymphomaniac

Nymphomaniac : Volume I. Découvert directement en director's cut. Après le choc provoqué par Melancholia, je me suis encore fait terrasser par le pouvoir de sidération du cinéma de Lars von Trier. C'est insoutenable, grossier, paillard, voyeur, outrancier, parfois abject, mais la fascination finit par l'emporter immanquablement. Et toujours cette quête de rédemption, en filigrane, comme en sourdine, sous la peinture du vice, au-delà du portrait écorché d'une obsédée sexuelle. Une espérance muette, presque une prière, derrière la radiographie des tréfonds obscurs de l'âme, derrière l'exploration d'un désir hautement destructeur. Réduit souvent et à tort à un simple provocateur, Lars von Trier n'a pas volé son statut de cinéaste moraliste, jongleur virtuose et impitoyable des caractères humains. De l'ouverture expérimentale explosive transcendée par les accords déchaînés de Rammstein à l'agonie déchirante d'un père dialoguant avec celle d'Edgar Poe, en passant par une séquence d'anthologie, scène de vaudeville malade où une mère trompée (désarmante Uma Thurman) vient rendre visite – avec ses trois enfants – à son mari volage sur les lieux mêmes du méfait, Nymphomaniac s'érige en œuvre somme dans sa volonté folle mais hautement louable de décrypter sous tous leurs aspects – y compris culturels – la nébuleuse musicalité, la sibylline arithmétique, l'énigmatique liquidité du désir. Du cinéma original et libéré, comme on aimerait en voir plus souvent. Hâte de découvrir le second volume !


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