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24 juin 2011 5 24 /06 /juin /2011 21:45

Steven Spielberg représente pour moi un modèle de cinéaste, dont l'univers foisonnant me fascine au plus haut point. Afin de lui rendre hommage et de se replonger dans son œœuvre avant la sortie prochaine des Aventures de Tintin, voici une rétrospective de ses nombreux longs-métrages (25 au total), décennie par décennie.

 

Duel (1971), avec Dennis Weaver, Eddie Firestone, Lou Frizzell : premier long métrage de Spielberg, créé d'abord pour la télévision. Hommage nerveux au cinéma d'Hitchcock, où le jeune réalisateur semble se venger du manque de moyens par la rigueur virtuose de sa mise en scène. Si le film est très ancré dans les années 1970, il reste encore aujourd'hui un monument de tension et d'angoisse, une poursuite infernale ponctuée de montées d'adrénaline implacables.

duel

Sugarland Express (The Sugarland Express, 1974), avec Goldie Hawn, William Atherton, Michael Sacks : après le film de poursuite, Spielberg enchaîne, dans une thématique très proche, avec un film de cavale, inspiré de faits réels, profitant de l'occasion pour déployer un thème qui lui est cher : la sortie de l'enfance, le sacrifice de la jeunesse. Les jeunes protagonistes en fuite tentent d'échapper, en vain, à un système socio-politique régi par des « vieux ». Le pessimisme du dénouement ne relève cependant pas de la volonté de Spielberg (qui envisageait un happy end), mais - contre toute attente - de celle des producteurs, qui souhaitaient préserver le statut de film d'auteur de Sugarland Express. Un paradoxe à Hollywood, assez rare pour être souligné.

sugarland express

Les Dents de la mer (Jaws, 1975), avec Roy Scheider, Richard Dreyfuss, Robert Shaw : premier film de monstre de Spielberg, qui pourrait bien être l'ancêtre direct de ses futurs Jurassic Park dans le traitement viscéral de l'horreur. Nul parc d'attraction ici, nulle jungle hostile, mais un décor aquatique angoissant, porteur de mort, via la figure mythique du requin affamé. Si Spielberg innove avec une représentation frontale de la mutilation, il signe surtout, quand on connaît les recettes monstrueuses du film, l'un des premiers blockbusters de l'histoire du cinéma.

les dents de la mer

Rencontres du Troisième Type (Close Encounters of the Third Kind, 1977), avec Richard Dreyfuss, Teri Garr, Melinda Dillon : la même année que son ami George Lucas, Spielberg s'attaque au genre de la science-fiction, à travers une fresque humaniste, ou plutôt humaine, dans la mesure où il s'attache à dépeindre des événements extraordinaires via le regard de personnages ordinaires (Richard Dreyfuss, ou l'incarnation absolue de l'Américain moyen, en est la vedette). Là où Star Wars se lançait à fond de train dans le registre mythologique, opératique et spectaculaire, Rencontres du Troisième Type osait la voie de l'individuel, de l'intime, pour toucher à l'universel. La scène finale, dialogue musical halluciné avec un vaisseau spatial, tout comme l'apparition de François Truffaut en scientifique français, reste un bouleversant acte de foi envers le 7ème art. Pour la petite info, le socle du vaisseau spatial a été réutilisé quelques années plus tard dans Blade Runner pour servir de toit au QG de la police de Los Angeles.

rencontres du troisieme type

1941 (1979), avec Dan Ackroyd, John Belushi, Ned Beatty, Nancy Allen : film catastrophe, comédie cartoonesque, fresque historique... 1941 brasse un nombre de genres considérable, en narrant l'attaque ratée d'Hollywood par un sous-marin japonais. Considéré comme trop ambitieux, trop chaotique, trop délirant, jugé hystérique et décousu par la critique, mais surtout extrêmement coûteux, le film connaît un échec cuisant, le premier de Spielberg depuis le début de sa carrière. La même année, La Porte du paradis, de Michael Cimino, fresque historique au budget colossal, rencontre la même désaventure, amenant Hollywood à s'inquiéter quant à l'avenir de ses blockbusters. Une inquiétude vite passée avec la sortie fracassante de L'Empire contre-attaque en 1980, mais surtout du premier volet de la saga Indiana Jones, en 1981, qui permet à Spielberg de renouer avec le succès. Pour la petite info, Christopher Lee incarne un officier nazi, tandis que le tout jeune Mickey Rourke apparaît pour la première fois à l'écran.

1941

 

Revoir Spielberg - les années 2000 : l'odyssée de la noirceur / Revoir Spielberg - les années 1990 : la décennie paradoxale / Revoir Spielberg - les années 80 : l'envol d'un auteur hollywoodien


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commentaires

B
Excellente idée que de rendre hommage au cinéaste qui a su allier une œuvre conséquente d'une diversité sidérante avec une capacité à séduire tous les publics ! Un grand bonhomme :)
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