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22 mars 2010 1 22 /03 /mars /2010 08:05

Scanners

En 1982, Scanners offre la possibilité à Cronenberg de s'afficher sur la scène internationale. Premier film hollywoodien de sa longue carrière, son premier succès (énorme) au box-office, cette histoire de tueurs télépathes manipulés par des scientifiques peu scrupuleux ne reste pas moins l'un de ses films les plus personnels. S'il a un peu vieilli –- l'appartenance aux années 80 est flagrante -– Scanners frappe encore par l'efficacité de sa mise en scène, nerveuse et limpide, ses effets spéciaux de choc, comme cette tête qui explose en gros plan, devenue culte chez les fans de l'auteur et les amateurs de cinéma fantastique. On retrouve déjà tous les thèmes chers au réalisateur canadien : le triomphe de l'esprit, la dégradation du corps, la fusion de l'organique et du mécanique...

Le scénario, s'il n'est guère surprenant, réactive avec intelligence le mythe des frères ennemis, culminant dans un morceau de bravoure final : un combat fratricide d'anthologie, d'une brutalité sans concession, à l'impact audio-visuel viscéral. Les effets de maquillage et les prothèses déforment monstrueusement les corps comme chez Verhoeven, alors que planent les notes torturées d'une cacophonie du chaos orchestrée par le fidèle Howard Shore. L'acteur Michael Ironside, déjà à l'aise dans les rôles de salauds, campe un assassin télépathe à glacer le sang. Un cousin de l'infâme Richter de Total Recall ? Même Patrick McGoohan, ici en guest star, semble s'effacer face à lui, peut-être la faute à un scénario trop peu développé pour approfondir les rôles secondaires. Mais ce serait pur pinaillage que de s'en tenir à ce détail. L'histoire de Scanners réclamait du nerf et une bonne dose de frissons. Ce que Cronenberg lui a donné, avec brio.

3,5sur5

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