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13 mars 2011 7 13 /03 /mars /2011 02:59

Fighter

Voilà un film qui restera certainement parmi les plus marquants de 2011. Prenant, violent, émouvant, parfois très drôle, souvent puissant, Fighter se présente comme une épopée sportive et familiale directement héritière de Rocky, à travers la justesse de sa peinture sociale et la mise en scène viscérale des combats de boxe. Micky Ward (Mark Wahlberg) est un boxeur prometteur, mais entravé dans son désir d'être champion par une famille de ratés. Son frère, Dicky (Christian Bale), légende de la boxe locale, ravagé par la consommation de crack, se montre de moins en moins à la hauteur quand il s'agit d'entraîner son cadet pour remporter le titre. Après de nombreux déboires familiaux, les deux frères vont tout de même tenter de se dépasser ensemble pour prouver leur valeur.

Là où Rocky pêchait un peu par la platitude de son interprétation, Fighter réalise un véritable sans faute, un tour de force, transcendé par l'omniprésence électrique d'un Christian Bale déchaîné, dans l'un de ses meilleurs rôles, si ce n'est le meilleur. Mark Wahlberg a beau camper le personnage principal avec une surprenante subtilité et Melissa Leo en faire des tonnes pour s'imposer en mère tyrannique, le comédien gallois règne en maître sur le casting, avec sa carcasse presque aussi amaigrie que dans The Machinist, sa gouaille vampirisante, le naturel désarmant de son jeu. L'expression « rôle de composition » semble à ce titre avoir été inventée pour lui. Véritable moteur émotionnel du film, Bale parvient simultanément à nous dégoûter et à nous bouleverser, créant une icône fraternelle aussi haïssable qu'attachante. Éminemment pathétique lorsqu'il consomme du crack, il se révèle d'autant plus touchant quand il décide de se reprendre en main par amour pour son frère. Avec une aisance et une simplicité de jeu à faire pâlir n'importe quel débutant de l'Actor's Studio. Parce que Bale ne se contente pas de jouer, il incarne totalement son personnage, en profondeur, n'hésitant jamais à sacrifier sa chair et des pans entiers de son âme (parfois de manière terrifiante) pour lui donner vie. C'est à un authentique artiste que l'on a affaire, dans la mesure où l'on finit par l'oublier derrière le rôle, pour ne plus voir que l'humain.

Cette performance rare n'occulte cependant en rien l'écrin scénaristique et visuel du film. Les tensions familiales donnent lieu à des joutes verbales tour à tour savoureuses et douloureuses, virant le temps d'une scène aussi désopilante que violente à la confrontation physique, quand la mère et les sept sœœurs de Micky viennent le forcer à quitter sa nouvelle petite amie (appétissante Amy Adams) pour lui faire regagner leur cocon (ou comment la famille devient un gang dérisoire). Clou du spectacle, les scènes de combat se révèlent d'une étourdissante crédibilité. Le sang, la sueur, les coups, la douleur, la motivation, la fatigue, la rage de vaincre et l'ombre de la mort viennent exploser devant nos rétines et dans nos cœœurs avec la puissance d'un uppercut. Fighter nous entraîne sur le ring comme dans l'intimité de ses combattants avec une sincérité bouleversante. Une sincérité qui émane du duo fraternel, Bale et Wahlberg se complétant magnifiquement. C'est l'amour qui unit les deux frères, plus fort que tout le reste, qui nous fait aimer leur singulière épopée.

4sur5

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11 mars 2011 5 11 /03 /mars /2011 15:56

paul

Cela faisait longtemps qu'on n'avait pas pris un tel pied devant une comédie fantastique. Réunissant le joyeux tandem Simon Pegg / Nick Frost, Paul se permet de ressusciter l'esprit décomplexé, décontracté, résolument fun des années 80 et 90, avec ses répliques et péripéties délirantes, ses méchants un peu crétins sur les bords, son second degré permanent... Un immense plaisir pour nos rétines fatiguées face au flot ininterrompu de films devenus trop sérieux depuis le début des sinistres années 2000. Quelle joie de voir enfin débarquer sur nos écrans angoissés un alien qui ne soit pas animé par le désir belliqueux d'envahir ou de détruire notre monde.

Après des décennies de bons et loyaux services rendus en secret à la nation américaine (toute la culture ufologique, ça vient de lui...), l'extra-terrestre Paul décide d'échapper à l'emprise du gouvernement qui l'emploie, pour rentrer enfin chez lui, dans une galaxie lointaine, très lointaine. Dans sa cavale, il embarque malgré eux deux geeks anglais, tout juste sortis du Comic Con de San Diego. Le film de Greg Mottola ne se contente pas de suivre les poncifs et autres codes immuables du road movie, il se paye le luxe d'une facture irréprochable : un montage d'une fluidité exemplaire, un scénario simple mais efficace, des dialogues savoureux, des effets spéciaux somptueux et indétectables, avec une mention spéciale à l'animation de Paul, d'une crédibilité effarante.

Mais la technique, aussi brillante soit-elle, ne perd jamais de vue la notion de divertissement et de plaisir. Pas prétentieux pour un sou, Paul nous entraîne dans une authentique aventure, extrêmement prenante, aux personnages attachants (aucun second rôle n'est négligé), bourrée d'humour (conversation poilante entre Paul et Steven Spielberg au sujet de E.T.) et distillant par instants une réelle émotion (les retrouvailles de l'alien et de la première terrienne qu'il a rencontré, soixante ans auparavant...). On jubile devant l'accumulation jamais stupide de clins d'œ’œil à la culture de science-fiction, de Star Wars à Rencontres du troisième type, en passant par X-Files, pour ne citer que les principaux. Toute l'équipe de Paul a pris un plaisir énorme à rendre hommage à cet univers. Notre plaisir de spectateur ne l'est pas moins. On savoure le film comme un bon biscuit bien généreux, avec la douce et nostalgique sensation d'avoir été transporté quelques années en arrière, à l'époque bénie des Men in Black et autres Mars Attacks. Parce que ça fait un bien fou de déconner de temps en temps dans les salles obscures !

4sur5

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9 février 2011 3 09 /02 /février /2011 18:00

Black Swan (2)

Black Swan sort enfin ! Et l'année 2011 décolle enfin pour le cinéma. Après nous avoir éprouvés avec Requiem for a Dream, bouleversés avec The Fountain puis The Wrestler, Darren Aronofsky accouche d'un véritable chef-d'œœuvre. Voilà sans aucun doute la claque émotionnelle et audio-visuelle qu'on n'osait plus espérer, face à l'indigence des films du mois de janvier.

Non content de nous proposer une relecture viscérale du Lac des Cygnes, Aronofsky offre surtout à Natalie Portman son plus beau rôle depuis des lustres, un rôle enfin à la (dé)mesure de son talent, trop souvent sous-exploité. Habitant chaque plan avec une présence aussi sensuelle qu'électrisante, son personnage de danseuse, tourmenté par les symptômes d'une étrange métamorphose, nous gobe littéralement, nous entraîne jusqu'au vertige dans les entrailles d'un scénario confondant de fluidité et de puissance. Bâtie sur un crescendo épousant paradoxalement la descente aux enfers de son personnage principal, l'histoire de Black Swan est un ballet d'explosions sensorielles s'achevant sur un finale dont l'intensité dramatique restera dans les annales. Certainement le dénouement de film musical le plus grandiose depuis Moulin Rouge.

Autour de Natalie Portman, les rôles secondaires ne déméritent jamais : Vincent Cassel, irrésistible en prof de danse impitoyable, Mila Kunis, étourdissante de sensualité animale, Barbara Hershey, terrifiante en mère possessive et psychopathe. Surprise de taille au cœœur de ce casting impérial, Winona Ryder vient parfois voler la vedette à Portman avec son personnage à la fois bouleversant et effrayant de danseuse déchue. Et que dire de la nouvelle composition musicale du fidèle Clint Mansell, sinon qu'elle donne une force et une majesté inoubliables à des images déjà magiques en soi. Quand le rideau tombe, on ressort de la salle les larmes aux yeux, le corps frissonnant d'extase et d'émotions, le cœœur gros d'une foi renouvelée dans la puissance du cinéma. Une œœuvre d'art, pure, sincère et touchante, comme on en voit de plus en plus rarement dans nos chères salles obscures.

5sur5

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8 février 2011 2 08 /02 /février /2011 18:51

king speech

Un film bâti comme un cheval de course à Oscars, d'où se démarque la performance plutôt saisissante de Colin Firth, touchant en monarque balbutiant. Le seul et unique intérêt dramatique repose sur la majesté paradoxale de son personnage, auquel il a su donner une véritable douleur organique, atteignant parfois le viscéral. Le reste semble en comparaison bien fade et anecdotique, figé dans cet académisme formel qui fait baver la sphère pseudo-cinéphile chargée de décerner chaque année son lot de statuettes clinquantes. Helena Bonham-Carter et Guy Pearce dans des rôles secondaires cruciaux quasiment bannis du scénario, mollesse du rythme, pureté pantouflarde des cadrages, paresse du montage, photographie platement vieillotte... Pas totalement inintéressant, le film passe en revanche totalement à côté de l'incandescence de son sujet, effleurant à peine un contexte historique explosif et des destins individuels qu'on aurait tellement voulu suivre en profondeur. Une œœuvre pas désagréable en soi, mais aussi lisse et glacée que la surface des Oscars qu'elle raflera avec goinfrerie, en bonne grosse moissonneuse-batteuse à récompenses qu'elle est.

2,5sur5

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26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 06:17

Au-dela

Un miracle selon la revue Positif, le meilleur mélodrame d'Eastwood selon les Cahiers du cinéma... Amis cinéphiles, l'heure est grave. L'aveuglement dont fait preuve l'intelligentsia cinématographique française est devenu proprement terrifiant. Incapacité à reconnaître une œœuvre ratée ou hypocrisie révoltante ? Nul besoin d'être un expert pour constater le naufrage filmique que représente la nouvelle production d'Eastwood. Est-ce la crainte de passer pour des imbéciles qui force ces critiques timorés à trouver du génie dans une chiure de moucheron, parce que ce moucheron s'appelle Mr Eastwood ? Ce n'est pas en nommant une bouse une perle que cette bouse deviendra une perle. Un peu de bon sens ! Osons appeler un navet un navet !

Car en effet, Au-delà, le dernier « miracle » du dieu Eastwood, besogné depuis les cimes du mont Warner Bros, est un effrayant navet. Tout vieux sage intouchable qu'il est, le père Eastwood s'est méchamment cassé la figure en dérapant sur le tapis poussiéreux de son académisme éculé. De la maturité ? A d'autres ! Au-delà se veut tellement classique et minimaliste dans sa facture qu'il se transforme, après une première séquence plagiant Le Jour d'Après, en un laborieux, un interminable exercice de style aussi scolaire qu'ennuyeux. Le pitch de base aurait pu donner lieu à un film touchant : les destins de trois personnages géographiquement très éloignés, confrontés à une expérience de mort, finissent par se croiser. On attendait un film choral, dont la proximité avec la mort, thème ô combien universel, aurait pu se révéler bouleversante. Seulement, Au-delà ne raconte rien, ne montre rien, ne suggère, ne suscite rien. Juste du vide, juste de l'ennui, et l'envie grandissante que le film se termine enfin. Démonstration outrancière d'un scénario inexistant, immobilité visuelle exaspérante, acteurs en roue libre (un Razzie pour le fadasse Matt Damon serait le bienvenu), montage anémique, musique soporifique, effets spéciaux abstraits jusqu'au ridicule, mixage horripilant qui étouffe les voix des personnages français...

Le ratage artistique est total. Un ratage d'autant plus scandaleux qu'il ose encore s'autoproclamer « style », avec une prétention insolente. Le « style Eastwood ». Le style d'un grand devenu un gentil petit fonctionnaire hollywoodien, condamné à produire docilement son film annuel, le studio qui l'emploie espérant que cette accumulation exorbitante continuera de tromper tout le monde en la faisant passer pour une œœuvre. Eastwood enchaîne les films comme un forcené. S'il continue ainsi, on peut légitimement s'attendre au pire. Il semble avoir atteint avec Au-delà un point où le radotage est inévitable. Quand l'épure et l'indicible touchent à l'ennui le plus abyssal, il est temps de passer à autre chose. Un problème demeure : le soutien d'un tel cinéma par « l'élite » de la critique. Cette « élite » n'a-t-elle pas vu un bijou filmique dans l'insipide Somewhere, mollement réalisé par une Sofia Coppola usée avant l'heure ? L'année 2011 s'annonce très mal. Si les plus grandes valeurs se gamellent d'entrée de jeu, les meilleurs films seront certainement des outsiders, comme le magnifique Poupoupidou de Gérald Hustache-Mathieu, scandaleusement passé inaperçu !

0,5sur5

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24 janvier 2011 1 24 /01 /janvier /2011 19:38

Le voici enfin, le classement de mes films préférés de 2010, par ordre de préférence. Les films figurants dans cette liste relèvent de choix purement subjectifs, il ne s'agit pas forcément des œœuvres les plus virtuoses de l'année, mais des films qui m'ont le plus marqué, d'un point de vue purement émotionnel ou affectif.

 

1) Inception, de Christopher Nolan. Pour son intrigue originale et vertigineuse, son intensité dramatique incroyable, le jeu écorché de DiCaprio, la formidable bande-originale de Hans Zimmer, le fascinant mélange des genres qui structure le film. Ma scène fétiche : l'enchaînement spectaculaire des décharges finales, les personnages traversant d'un seul coup plusieurs niveaux de rêves.

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2) Toy Story 3, de Lee Unkrich. Un pur chef-d'œœuvre, pas seulement d'animation. Un concentré d'émotion pure, qui arrache des larmes du début à la fin. En prime, une vision mélancolique, d'une justesse confondante, sur la mort de l'enfance. Ma scène fétiche : les héros réunis et résignés face à une mort imminente, au cœœur d'un brasier prêt à les engloutir... un bon litre de larmes en quelques minutes.

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3) Kick-Ass, de Matthew Vaugh. Un bijou de divertissement impertinent, jubilatoire, spectaculaire, émouvant, euphorisant, avec en vedette une gamine meurtrière incarnée avec brio par l'épatante Chloe Moretz. Ma scène fétiche : la tentative de sauvetage de Big Daddy (Nicolas Cage) par sa fille, Hit Girl. Une vraie tuerie audio-visuelle !

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4) Harry Potter et les Reliques de la Mort –- Partie 1, de David Yates. Peut-être la meilleure de toutes les adaptations de la saga de Rowling. Un scénario fidèle, un rythme hypnotique, des acteurs au top, une musique sublime, une atmosphère sombre et fascinante soutenue par une photographie de grand luxe, une tristesse omniprésente qui laisse présager un épilogue déchirant. Ma scène fétiche : Ron confronté à ses démons, face à la monstrueuse apparition qui jaillit de l'horcruxe-médaillon.

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5) Agora, d'Alejandro Amenabar. Une reconstitution saisissante de l'Antiquité, un personnage féminin inoubliable incarné par la magnifique Rachel Weisz, une vision à peine voilée de notre temps, une condamnation frontale de tous les intégrismes, une réflexion poétique sur notre place dans l'univers. Ma scène fétiche : une découverte astronomique majeure dans un bac à sable, ou comment l'on peut déceler les choses les plus élevées depuis le « plancher des vaches » !

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6) The Social Network, de David Fincher. Perfection et jubilation de la mise en scène, splendeur glacée de la photographie, bande-son hypnotique, vision intimiste pertinente et acérée d'un phénomène mondial monstrueux. A noter, la qualité extrême des dialogues. Ma scène fétiche : « Let the hacking begin ! »

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7) Elle s'appelait Sarah, de Gilles Paquet-Brenner. Adaptation magnifique d'un roman déjà magnifique, qui offre une vision de l'Histoire à la fois subjective et bouleversante, dans la mesure où elle s'attache à explorer les conséquences de la fameuse rafle dans notre présent. Le jeu de la jeune Mélusine Mayance est tout simplement phénoménal. Ma scène fétiche : l'évasion des deux fillettes du camp de transit.

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8) Océans, de Jacques Perrin. Un poème aquatique d'une beauté transcendante, à des années-lumière du discours bêtement moralisateur d'un Arthuis-Bertrand ou d'un Hulot. Ma scène fétiche : tout le film !

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9) Les Aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec, de Luc Besson. Quinze ans plus tard, on retrouve enfin le Luc Besson du Cinquième Elément, capable de nous plonger dans un divertissement où le délire ambiant n'a d'égale que la facture technique ahurissante. Si le cinéma français pouvait nous offrir plus de films de cette trempe, peut-être que nos meilleurs talents ne fuiraient plus vers Hollywood... Ma scène fétiche : toute la séquence en Égypte !

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10) Fatal, de Michael Youn. Une énorme surprise ! Mise en scène grandiose, humour décapant omniprésent s'offrant le luxe d'escapades réellement émouvantes, construction d'un véritable univers comique où la satire est reine. Voilà un film que je défendrai corps et âme, en dépit de la réputation de son auteur incompris, car il s'inscrit indéniablement avec ce film dans la digne lignée des Jean Yanne, Coluche, et Pierre Etaix. Il serait dommage de passer à côté d'une telle perle à cause d'a priori qui n'ont plus lieu d'être... Ma scène fétiche : l'ascension à la fois épique et hilarante du Mont Colombin.

010

 

En bonus, le pire de 2010. Les films que je n'aurais pas dû aller voir en salles :

Copie conforme, d'Abbas Kiarostami. Prétention quand tu nous tiens !

La Famille Jones, de Derrick Borte. Comment saborder une bonne idée de base.

Twilight 3, de David Slade. L'Everest de la branlette pour nunuches.

Le Livre d'Eli, des frères Hughes. La possibilité d'une île avec deux scènes d'action. Stupide !

Nine, de Rob Marshall. Une insulte permanente à la création artistique. Gerbant.

Le Plan B, d'Alan Poul. Attention au coma diabétique !

Freddy les Griffes de la Nuit, de Samuel Bayer. Comment dégrader la version d'origine. Inutile.

Prince of Persia– Les Sables du Temps, de Mike Newell. Comment insulter les spectateurs à coup de millions de dollars. Ecœurant !

Amelia, de Mira Nair. Un nanar absolu. A oublier illico !

Le Choc des Titans, de Louis Leterrier. La plus belle entreprise de dégradation de la mythologie grecque. Un choc d'une nullité colossale.

Burlesque, de Steven Antin. Un nanar pour nunuches, produit par Aguilera, à la gloire d'Aguilera, pour les fans d'Aguilera. Enfin... même pas sûr que les fans supportent cette bouillie infâme !

 


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12 décembre 2010 7 12 /12 /décembre /2010 16:22

The Screen Addict ne s'adonne pas seulement à la critique de films, il fait aussi du cinéma ! Je suis très fier et ému de vous présenter mon premier court-métrage en tant que réalisateur. N'hésitez pas à me donner vos impressions, quelles qu'elles soient. Enjoy !

 


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4 décembre 2010 6 04 /12 /décembre /2010 12:35

Harry Potter 7

Après un Ordre du Phénix décevant par la superficialité de son scénario et un Prince de Sang Mêlé au ton étonnamment léger, David Yates nous offre avec la première partie des Reliques de la Mort un pur chef-d'œœuvre, le meilleur épisode de la franchise Harry Potter depuis le superbe Prisonnier d'Azkaban de Cuaron.

D'une densité scénaristique exemplaire, Les Reliques de la Mort témoigne d'une grande fidélité au roman, tout en s'autorisant des moments renversants d'inventivité graphique et poétique, dont une magnifique séquence animée illustrant le conte des fameuses reliques. Mais ce qui frappe avant tout, c'est l'immense tristesse qui traverse le film. On est pris à la gorge, saisi d'une émotion rare dès les premières scènes. Les quelques plans muets montrant Hermione effacer sa propre existence pour protéger ses parents donnent le ton. La fin est proche. La douleur de la fin. Chaque scène concourt à la construction d'un long et déchirant poème, à la puissance visuelle ténébreuse, résonnant comme un adieu permanent. On meurt, on souffre, on doute, on regarde en arrière, vers les six ans de péripéties qui conduisent inéluctablement à un présent de dangers et de malheurs. Privilégiant l'émotionnel, l'intimiste et la contemplation à l'action, David Yates orchestre un thrène au rythme hypnotique, qui nous touche d'autant plus si l'on suit les mésaventures du jeune sorcier depuis leur commencement. Ce qui ne l'empêche pas de nous livrer quelques scènes dramatiques fracassantes, dont une impressionnante course-poursuite aérienne et une vénéneuse destruction d'horcruxe. L'infiltration / évasion du Ministère de la Magie par Harry, Ron et Hermione métamorphosés, ainsi que l'ultime bravoure de l'elfe Dobby sont également de purs prodiges de mise en scène.

La noirceur permanente, habilement tempérée par quelques instants bienvenus d'humour et de tendresse, place définitivement la franchise hors de portée du jeune public. A des années lumière de la niaiserie de Narnia et de Twilight, la saga Harry Potter fait preuve d'une ambition cinématographique et d'une honnêteté admirables envers les spectateurs qui ont grandi avec elle, ne censurant jamais ses instants les plus durs, les plus pénibles. Bellatrix Lestrange apparaît comme une tueuse psychopathe, Ron flirte dangereusement avec les frontières du meurtre, la paranoïa s'empare de tous les personnages. Par ses décors post-apocalyptiques et son ambiance de Seconde Guerre Mondiale, Harry Potter et les Reliques de la Mort assume une dimension plus sinistre et angoissante que jamais. La nuit devient toujours plus noire avant le lever du jour. Le dernier plan du film, paradoxalement très lumineux, nous fait appréhender la fin de cette nuit avec une intolérable impatience. Vivement juillet 2011 !

5sur5

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23 novembre 2010 2 23 /11 /novembre /2010 00:13

Sarah

Autant La Rafle s'avérait décevant dans son recours exclusif au didactisme et à la démonstration, plus proche d'un faux documentaire que d'une bonne fiction historique ; autant l'adaptation du roman bien connu de Tatiana de Rosnay se présente comme une vision de cinéma, un vrai film.

Respectant à la lettre l'alternance passé / présent qui structure le roman originel, Elle s'appelait Sarah adopte une progression dramatique efficace, basée sur un montage parallèle qui a l'intelligence de ne jamais totalement séparer les époques. Le va-et-vient entre la France sous l'occupation et notre époque ne repose pas sur une simple rythmique, c'est une respiration, un souffle qui traverse le temps pour venir lier les personnages.

Portée par l'interprétation à fleur de peau d'un casting de première classe (Kristin Scott Thomas, Michel Duchaussoy, Niels Arestrup, Gisèle Casadesus...), cette respiration apporte une mélancolie parfois viscérale à l'intrigue. La tristesse tranquille mais bouleversante qui marque Elle s'appelait Sarah trouve son incarnation la plus saisissante dans le jeu d'une toute jeune actrice, dont la présence irradiante et la maturité désarmante laissent poindre les rayons d'une future icône du cinéma : Mélusine Mayance. A des années lumière de l'insupportable amateurisme agressif d'une Christa Theret et du jeu catastrophique de la nouvelle génération d'acteurs français, la petite mais déjà colossale Mélusine nous entraîne dans la vie tragique de Sarah avec une force naturelle et une fragilité ravageuse absolument affolantes. Elle ne joue pas, elle est Sarah. Une Sarah tellement vivante -– à l'image de celle du livre -– que le spectateur l'adopte instantanément, dès le premier plan du film. Une actrice à suivre !

Visuellement superbe, l'adaptation de Gilles Paquet-Brenner fait preuve d'une réelle ambition cinématographique, qui a le mérite de ne jamais sombrer dans la gratuité d'une leçon d'histoire, voire de morale, en dépit de quelques petites longueurs, ici et là, aisément pardonnables. Certains plans confinent à la poésie pure, comme l'image de deux fillettes flottant dans une mare qui prend des allures de fontaine sacrée, purifiante, lorsque son eau se mue en or sombre.

Elle s'appelait Sarah est un roman magnifique et déchirant ; c'est aussi désormais un beau film, qui le complète, qui en prolonge la vision, un beau film dont la force évocatrice jaillit moins de sa dimension historique que des trajectoires humaines qui l'animent. Plus qu'un devoir de mémoire, une poignante incantation.

3,5sur5

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18 novembre 2010 4 18 /11 /novembre /2010 01:48

Piranha 3D

Une récréation décomplexée, un délire gore au troisième degré totalement assumé, une fable macabre où règnent l'humour noir et l'insolence les plus osés... Le scénario, a priori simpliste, n'est qu'un prétexte, Alexandre Aja s'est lâché comme jamais pour nous livrer, avec son cinquième long métrage, une immense farce horrifique, à la fois grotesque dans sa peinture de la jeunesse américaine, et terrifiante dans le réalisme des scènes de mutilation.

Reculant les limites du délire bien au-delà des frontières timorées de la censure, Aja se paie même le luxe de quelques visions sexuelles frontales sidérantes, au détour d'un ballet lesbien aquatique ou d'un gros plan sur un pénis tranché. La première partie du film, jubilatoire, véritable plaisir coupable de tous les instants, fait place à un finale anthologique, un carnage à grande échelle qui vient pulvériser tous les records en matière de gore. Chaque attaque par les piranhas, chaque mort est unique, d'une inventivité sadique hallucinante. Comme dans tous ses films, la vision que donne Aja de la mutilation des corps relève d'un véritable travail d'orfèvre. La couleur et la texture du sang, les détails abjects des blessures, les bruitages inhérents... l'équipe de maquilleurs s'en est donnée à cœœur joie, pour notre plus grand plaisir.

Un plaisir malsain, certes, mais Piranha 3D n'a pas la prétention de se présenter comme autre chose qu'un intense défouloir. Le cinéma en a parfois besoin, et quand un créateur aussi déjanté et généreux qu'Aja est aux commandes, on en redemande !

3,5sur5

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