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18 mai 2011 3 18 /05 /mai /2011 19:38

FAF 5

Le monde du cinéma marche sur la tête ! J'étais très loin de me douter, en entrant dans une des salles obscures de ma ville natale, que le dernier né de la saga Fast and Furious se révélerait comme l'une des meilleures surprises de ce premier semestre étrange, qui voit les plus grandes valeurs s'effondrer tels des géants aux pieds d'argile. Je n'attendais vraiment pas grand chose de cette énième suite, j'envisageais au mieux un petit divertissement en forme de « guilty pleasure », un long clip épileptique, un peu crétin, alignant gratuitement une brochette de grosses caisses puissantes, vrombissantes, et de nénettes aux gros nénés.

Seulement voilà, dès les premières scènes, mes attentes se sont vues immédiatement rehaussées par l'indéniable qualité audio-visuelle de Fast and Furious 5. Bien filmées, bien rythmées, bien montées, jamais hystériques, les scènes d'action s'avèrent grandioses, tellement jouissives pour les yeux et les tripes qu'elles s'inscrivent déjà dans le panthéon des meilleurs blockbusters hollywoodiens. Qu'il s'agisse de la libération de Dominic Toretto (Vin Diesel, marmoréen), suite immédiate du quatrième opus, ou d'un vol de voitures à bord d'un train en pleine course, on a affaire à de purs morceaux de bravoure, fracassants, spectaculaires jusqu'au délire, et assumés comme tels. Du cinéma d'action, du vrai de vrai, à des années lumière des productions mollassonnes actuelles. Évitant, pour notre plus grand plaisir, le recours aux images virtuelles, Fast and Furious 5 opte pour un style visuel plutôt réaliste, âpre et nerveux, mais toujours posé, dans un souci permanent du bon cadrage. D'une lisibilité exemplaire, le scénario est efficace, à défaut d'être révolutionnaire. Loin des batailles de rue gratuites des trois premiers opus, Justin Lin nous livre un authentique film de braquage : pour en finir avec une vie de fuite perpétuelle, le brigand Dominic Toretto et l'ex-flic Brian O'Conner (Paul Walker) décident de monter un dernier coup (100 millions de dollars à la clé) en s'attaquant à la fortune personnelle du plus grand mafieux de Rio, Hernan Reyes (Joachim de Almeida). Ils s'entourent d'une équipe de cadors du volant pour exécuter leur plan, une mission suicidaire, durant laquelle ils seront confrontés à la fois aux hommes de main de Reyes (impressionnante poursuite à pied sur les toits d'une favela), et à la volonté de fer d'un agent fédéral, Luke Hobbs (Dwayne « The Rock » Johnson, titanesque), bien décidé à les arrêter. L'occasion rêvée pour Justin Lin d'orchestrer, au détour d'une scène de combat jouissive et ultra-violente opposant Vin Diesel et The Rock, une véritable corrida d'« action heroes » au meilleur de leur forme.

On aurait pu s'attendre au pire, lorsque l'action se calme un peu, la psychologie des personnages n'étant pas le point fort de ce genre de film. Mais Justin Lin, conscient de ses limites dans le domaine, fait preuve d'une certaine intelligence dans sa mise en scène, en épurant au maximum les dialogues (en gardant tout de même quelques répliques savoureuses), et en jouant à fond la carte de l'icône, quitte à sacrifier la subtilité dans la peinture de ses personnages. « Oublie la finesse » balance ironiquement Toretto à O'Conner. Fast and Furious 5 s'amuse constamment, dans une perspective ludique bienvenue, à se jouer des codes de son propre genre, mais sans jamais faillir à la tâche, car il s'agit ni plus ni moins d'un modèle de film d'action. Les séquences d'accalmie, si elles ne brillent pas par leur écriture, ont tout de même le grand mérite de faire avancer efficacement l'histoire (jamais perdue de vue), en en développant sans cesse les enjeux. Des enjeux pas aussi bêtes qu'ils n'en ont l'air, parfois même poignants, les deux protagonistes se battant pour une femme sur le point de donner la vie, sœœur pour l'un, compagne pour l'autre.

Le temps de se poser quelques minutes, pour récupérer d'une séquence époustouflante, et on enchaîne avec un nouveau morceau de bravoure, encore plus incroyable que le précédent. Si le film s'ouvre sur une véritable attaque de diligence modernisée, empruntant pour un quart d'heure palpitant les voies du western, il se clôt en beauté sur un autre braquage glorieux, véritable orgasme audio-visuel : Toretto et O'Conner traînant derrière leurs bolides un coffre-fort au contenu inestimable à travers tout Rio, poursuivis par des dizaines de véhicules de police et toute la mafia locale (Hernan Reyes inclus). Un braquage mobile hors normes, grisant, jubilatoire, surprenant, donnant au film un ultime relief épique, qu'on est pas prêt d'oublier. Généreux, décontracté, divertissant, visuellement impressionnant et pas prétentieux pour un sou, Fast and Furious 5 est sans aucun doute l'une des plus belles surprises de cette année cinématographique en dents de scie. Un pur cocktail de fun et d'adrénaline dont on n'attend plus qu'une chose, déjà programmée par un twist au milieu du générique final : la suite !

4sur5

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18 mai 2011 3 18 /05 /mai /2011 02:42

the tree of life

2011 est décidément une année maudite pour le cinéma. Après Clint Eastwood, Sofia Coppola, Zack Snyder, Jaume Collet-Serra, Gore Verbinski ou encore Tsui Hark, c'est au tour de Terrence Malick, auteur de bijoux tels que Les Moissons du ciel, La Ligne rouge et Le Nouveau monde, de se planter lamentablement. On pensait le bougre intouchable, cantonné aux chefs-d'œ’œuvre ad vitam aeternam : il vient malheureusement nous apporter, avec The Tree of Life, la preuve ultime que mêmes les plus grands sont capables des pires erreurs.

The Tree of Life... de quoi ça parle ? D'un père autoritaire, voire cruel (incarné avec brio par Brad Pitt), qui échoue dans l'éducation de ses fils. De son seul fils survivant, 40 ans plus tard, qui se rappelle sa dure enfance, flashes-forward à la clé, plus anecdotiques qu'autre chose, sous-exploitant honteusement l'immense talent de Sean Penn (quel gâchis). De la création de la Terre, à grand coup d'icônes cosmiques et contemplatives volées à Kubrick et Ushuaïa Nature. D'un parasaurolophus miraculeusement épargné par un vélociraptor, grâce à des images de synthèse approximatives, d'une hideur désarmante (une audace grotesque qui a tout de même réussi à faire rire une salle pleine à craquer de fans du cinéaste). Le tout commenté incessamment par une véritable chorale de voix-off chuchotantes, en une litanie à la morale judéo-chrétienne écœœurante, à force de répétition. Les caresses langagières des précédents films de Malick troquent ici leur douceur contre un martèlement aussi subtil qu'une enclume métaphysique. Paradoxalement presque dépourvu de dialogues, The Tree of Life devient ainsi insupportablement bavard et finit par nous faire sombrer dans l'ennui le plus total. Pas le moindre ciment narratif à l'horizon, pas la moindre trace d'une quelconque cohérence scénaristique ou thématique. On subit littéralement un flot de paroles vides de sens, admiratives de leur poésie autoproclamée, allant jusqu'à gâcher la magnifique bande-originale d'Alexandre Desplat. On est très loin de la prière bouleversante qui structurait et donnait un sens décalé aux images du Nouveau monde.

Mais, non content de nous assommer avec cette bouillie indigeste de paroles horripilantes adressées à Dieu (rien que ça), Malick décide de nous achever en nous offrant un bouquet d'images soi-disant expérimentales, dont la splendeur glaciale finit par engendrer non pas un film, mais un gigantesque clip, un immense spot publicitaire, aux relents platement écolos, voire new age dans son dénouement, si on peut appeler ainsi la fin d'un film qui n'a ni queue ni tête. On se contrefout du scénario, du traitement des personnages, de l'émotion, on espère endormir la conscience du spectateur en lui en mettant plein la vue. N'ayant rien à raconter, le cinéaste se contente d'une enfilade, parfois mal montée, d'images sublimes. Une splendeur vaine qui ne trouve aucun écrin pour s'épanouir. On voit littéralement transparaître à l'écran la fierté du chef-opérateur, qui se targue de savoir créer des images bien chiadées, à grands coups de mouvements de caméra tarabiscotés. La même prétention insupportable qui hante les films de Gaspar Noé aurait-elle gangrené le cœœur pur de Terrence Malick ? Espérons que cette manie n'est que passagère et qu'il se ressaisira bientôt, car The Tree of Life pue à plein nez le pseudo film d'auteur qui se gargarise de son incompréhensibilité, qui se croit supérieur à son spectateur, qui trouvera son public auprès de quelques intellos sinistres. Le cinéma est un art universel, à la portée de tous : avec The Tree of Life, véritable Sucker Punch sans action, Malick a sacrifié sa générosité habituelle pour une vulgaire séance de branlette cinématographique, nous balançant un film solitaire, qui se roule dans le foutre de son auto-contemplation, mais qu'on oubliera bien vite, sur les rivages poisseux de la médiocrité. En allant revoir le très sous-estimé The Fountain, de Darren Aronofsky.

1sur5

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6 mai 2011 5 06 /05 /mai /2011 22:30

thor

Les meilleurs films de super-héros sont en général l'œ’œuvre de réalisateurs talentueux : Christopher Nolan a littéralement réinventé Batman, Sam Raimi a fait de Spider-Man une saga spectaculaire très attachante, Bryan Singer nous a fascinés avec sa relecture des X-Men, Matthew Vaughn nous a livré une pure bombe de divertissement avec Kick-Ass (espérons que ce soit encore le cas avec le prochain X-Men : First Class). La tendance se confirme avec l'adaptation de Thor par Kenneth Branagh. Très en phase avec son univers shakespearien de prédilection, l'intrigue de Thor lui permet de mettre en scène la déchéance puis la rédemption d'un dieu qui a trahi son père et tous les siens par son ambition et son arrogance dévorantes. Exilé sur Terre et privé de ses pouvoirs cosmiques par Odin, Thor va donc apprendre sur le tas une sacrée leçon d'humilité, tandis que son frère va s'emparer du trône qui lui est destiné.

S'il y a bien du Shakespeare dans cette nouvelle adaptation issue des studios Marvel, à travers la peinture des relations filiales et fraternelles, Branagh n'en reste cependant pas prisonnier, il s'en sert habilement afin de démarquer son film des habituelles productions hollywoodiennes du même genre misant tout sur la surenchère d'action et d'effet spéciaux. Ici, l'action se déploie intelligemment, à point nommé, jamais hystérique et même porteuse d'une singulière beauté. Les décors d'Asgard, la cité des dieux, sont grandioses, offrant un contre-point presque onirique aux scènes terrestres, forcément en retrait. En retrait, mais seulement sur le plan esthétique, car elles ne sont certainement pas dépourvues d'intérêt. Branagh leur donne une dimension comique et décalée, négatif burlesque de la solennité tétanisante d'Asgard. Le film, construit sur une implacable montée en puissance, joue sur les deux plans avec une aisance et une fluidité confondantes. Le montage, moins binaire qu'il n'en a l'air, épouse le va-et-vient incessant entre les deux mondes, celui des dieux et celui des hommes, avec une belle intensité dramatique. On se laisse ainsi entraîner dans la quête de Thor, qui cherche désespérément à récupérer la source de son pouvoir : son fameux marteau enchanté. Pour y parvenir, le dieu déchu devra compter sur l'aide de Jane, astro-physicienne, incarnée par une Natalie Portman à la fois vulnérable, dépassée par les événements extraordinaires auxquels elle assiste, et inébranlable dans sa volonté aveugle de trouver des réponses. Elle incarne, dans sa banale humanité, la mesure qui fait tant défaut à Thor. Quant au reste du casting, Kenneth Branagh, habitué des drames shakespeariens, ne néglige aucun personnage, malgré l'ampleur de leur galerie. Chris Hemsworth joue parfaitement son rôle de jeune dieu inconscient et arrogant, Anthony Hopkins impressionne dans le costume d'Odin, Tom Hiddelstone donne à Loki un double visage assez troublant, à la fois angélique et malveillant. Même Heimdall, le gardien du portail céleste d'Asgard (interprété par le monolithique Idris Elba), a droit à des répliques savoureuses, insolentes, et à son quart-d'heure de gloire.

Truffé de clins d'œ’œil à l'univers Marvel (allusions amusantes à Tony Stark, apparition d'Oeil de Faucon, caméo post-générique de Samuel L. Jackson dans la peau de Nick Fury), Thor sait se montrer spectaculaire, grâce à des effets visuels d'une beauté irréelle : les séquences dans la cité des dieux ou les affrontements sur la planète de glace Jotunheim ressemblent littéralement à des rêves éveillés. Les effets spéciaux, délicieusement rétro mais toujours maîtrisés (respectant ainsi l'esthétique du comic écrit dans les années 60), n'occultent en rien la puissance cosmique et dévastatrice de ses protagonistes divins. Le prologue guerrier sur Jotunheim, une séquence de combat suicidaire contre les Frost Giants, l'intervention destructrice d'un colosse métallique cracheur de feu ou le duel final opposant Thor et son frère Loki, offrent de beaux morceaux de bravoure, que la musique de Patrick Doyle vient renforcer de ses grands accords épiques.

Maîtrisant son film de bout en bout, autant dans le spectacle que dans l'intime, autant dans le comique (jamais ridicule) que dans le solennel (jamais pompeux), Kenneth Branagh nous livre un divertissement de grande classe, teinté de tragédie shakespearienne, honorant à la fois le matériau qu'il adapte et les néophytes. Ne boudons pas notre plaisir, ici pleinement permis, d'autant plus que Thor, original et savoureux, ne ressemble à aucun autre film de super-héros. Dans la famille des adaptations Marvel, il fait sans doute déjà figure d'au-Thor-ité !

3,5sur5

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6 mai 2011 5 06 /05 /mai /2011 22:00

Titeuf le filmde Zep (6 avril 2011) : un pur bonheur de film d'animation. Très drôle, parfois tendre, toujours très fidèle à la bande-dessinée tout en étant un vrai film, le passage de Titeuf sur grand écran se révèle en tous points réjouissant. A quand la suite ? Note : 3,5/5.

titeuf1

Le Chaperon Rougede Catherine Hardwicke (20 avril 2011) : un des contes les plus célèbres de notre culture revisité avec la délicatesse d'un éléphant en rut par la réalisatrice du premier opus de Twilight. Une imagerie d’'Épinal à faire passer n'importe quel spot de pub pour un chef d'œ’œuvre graphique, des décors cheap, des effets spéciaux immondes (le loup est totalement raté, ridicule), des acteurs à côté de leurs pompes (Gary Oldman cabotine à mort, on en pleurerait). Une bouse de plus dans la fosse à purin cinématographique de ce premier semestre. Note : 0,5/5.

Source Code, de Duncan Jones (20 avril 2011) : une idée de scénario aussi tordue que géniale : un militaire américain se fait projeter à volonté dans la peau d'une des victimes de l'attentat d'un train, 8 minutes avant le drame, afin de démasquer le terroriste. Chaque projection le rapproche un peu plus de la vérité. La mise en scène est élégante, les acteurs sont bien dans le ton. Néanmoins, l'hésitation perpétuelle de Duncan Jones, qui ne sait s'il doit jouer à fond la carte du suspense ou du sentimentalisme lyrique, empêche le film de prétendre à une vraie unité. Le cul entre deux chaises, le réalisateur semble ainsi se perdre en même temps que son spectateur dans une deuxième partie mal fichue, qui se délite sans cesse, accumulant erreurs de construction, lourdeurs, impressions de déjà-vu (les intentions du terroriste sont les mêmes que celles du Joker dans The Dark Knight) et empathie facile (le pauvre troufion ricain sacrifié par ses supérieurs, érigé en héros absolu). C'est vraiment dommage, d'autant que le film démarre vraiment sur les chapeaux de roue. On aurait aimé que la rigueur et la radicalité initiales de l'intrigue tiennent leurs promesses jusqu'au dénouement. Mais Duncan Jones, qui n'en est qu'à sa deuxième réalisation, se place quand même toujours bien au-dessus de la fange hollywoodienne actuelle, excellant dans la direction d'acteurs et la sobriété payante de sa mise en scène (son précédent film, Moon, ainsi que la première partie de Source Code le prouvent encore). Il reste un auteur à suivre de très près ! Note : 3/5.

source code

La Croisière, de Pascale Pouzadoux (20 avril 2011) : nullité du scénario (confinant au néant), de la mise en scène (inexistante), de l'interprétation (catastrophique). On nage dans les abysses du pire cinéma français. Il y a de quoi s'inquiéter quant à la santé mentale des auteurs, producteurs et acteurs qui ont concouru à l'existence de cette bouse absolue, qui ne mérite même pas l'appellation de navet ou de nanar, n'étant drôle à aucun moment. On ne ressent rien face à un tel déballage de crétinisme sinistre, hormis un sentiment de honte, voire de mort mentale. Consternant ! Note : 0/5.

Détective Dee – Le Mystère de la flamme fantôme, de Tsui Hark (20 avril 2011) : la bande-annonce était prometteuse. Le film l'est beaucoup moins. Souffrant d'un défaut permanent de lisibilité, aussi bien dans le déroulement de son scénario que dans l'exécution hystérique des combats, Détective Dee fait même preuve d'une certaine laideur (effets spéciaux ratés) et d'une incommensurable lourdeur (retournements de situation grotesques, risibles). Un paradoxe pour une œœuvre qui se prétend virevoltante. On est très, très loin de la grâce de Tigre et Dragon ou des chefs-d'œ’œuvre de Zhang Yimou (Hero, La Cité interdite, Le Secret des poignards volants). Une grande déception. Note : 1/5.

Animal Kingdom, de David Michôd (27 avril 2011) : la mise en scène est brillante, le scénario terrifiant (une famille de malfrats adepte de l'auto-préservation), les acteurs impressionnants, les innombrables effets de ralentis musicaux tétanisants. Mais ça traîne en longueur, surtout lors d'un dénouement interminable. Un film long et lent, qui finit par tomber narcissiquement dans la fascination de sa propre langueur. Si David Michôd avait opté pour une plus grande concision, son film aurait confiné au chef-d'œ’œuvre. Espérons que ce sera le cas pour sa prochaine réalisation, car cet auteur mérite d'être suivi. Note : 3/5.

animal kingdom

 

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6 mai 2011 5 06 /05 /mai /2011 17:35

Amoureux fou, obsédé, compulsif, quasi exclusif, du cinéma de genre, il m'arrive parfois de m'attacher à certaines comédies. Voici un aperçu commenté de mes favorites.

 

1) Les Visiteurs, de Jean-Marie Poiré (1993) : pour moi, la meilleure comédie française, dans la mesure où elle se paie le luxe -– en plus d'être délirante -– d'une facture irréprochable, voire impressionnante, même presque 20 ans après sa sortie en salles. Les décors, les costumes, l'interprétation, le scénario, la musique, le montage... tout est maîtrisé de la première à la dernière seconde. Qui plus est, on a rarement assisté à un aussi grand déluge de répliques cultes. Ma scène fétiche : la rencontre avec la sorcière, un monument de mise en scène, à la fois hilarant et inquiétant, baigné d'une superbe esthétique gothique et d'une musique inoubliable.

01-les visiteurs

2) Les Tontons flingueurs, de Georges Lautner (1963) : comédie culte devant l'éternel, au casting incroyable (Lino Ventura, Francis Blanche, Bernard Blier, Claude Rich...), aux répliques vachardes brillamment écrites par un Michel Audiard déchaîné. Ce monument de la comédie française n'a pas pris une seule ride. Ma scène fétiche : la dégustation d'une bouteille de gnôle qui finit dans un délire total, un grand moment de déconne entre géants du cinéma français.

02-les tontons flingueurs

3) Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre, d'Alain Chabat (2002) : l'un des (trop) rares blockbusters français, dopé par un humour décapant, hérité des délires télévisuels des Nuls (Chabat aux commandes) et une mise en scène grandiose, dans des décors pharaoniques. Assurément le meilleur épisode de la franchise Astérix. Ma scène fétiche : le combat façon « manga » opposant Jamel Debbouze et Gérard Darmon.

03-asterix et obelix mission cleopatre

4) Shaun of the dead, d'Edgar Wright (2003) : une comédie de zombies (genre inventé pour le film) brillamment mise en scène, portée par l'interprétation hilarante du duo britannique Simon Pegg / Nick Frost. Si l'on rit beaucoup pendant presque tout le film, la dernière séquence se révèle être un pur cauchemar, réellement terrifiant. Le passage d'un ton humoristique à la terreur donne l'effet d'un uppercut. Ma scène fétiche : Simon Pegg échafaudant un plan pour sauver sa mère, la répétition du plan est à pleurer de rire.

04-shaun of the dead

5) Un Jour sans fin, de Harold Ramis (1993) : un modèle de comédie fantastique, entièrement basé sur la répétition d'une journée, l'enfermement du héros (incarné par Bill Murray) dans un espace-temps étriqué. Le comique de répétition devient haletant dans la mesure où l'on expérimente en même temps que le protagoniste les différents moyens de sortir de la boucle, tous vains jusqu'au dernier, jusqu'à la libération. Ma scène fétiche : les innombrables réveils en musique, presque identiques, de Bill Murray.

05-un jour sans fin

6) Le Bal des vampires, de Roman Polanski (1967) : véritable bijou de comédie fantastique aux personnages inoubliables, filmé dans de superbes décors. Polanski fait basculer son film tantôt dans une atmosphère inquiétante, tantôt dans un humour absurde imparable. Ma scène fétiche : le jeune assistant du professeur Abronsius, mort de peur jusqu'au ridicule lorsqu'il s'apprête à enfoncer un pieu dans le thorax d'un vampire endormi.

06-le bal des vampires

7) OSS 117 : Le Caïre nid d'espions / Rio ne répond plus, de Michel Hazanavicius (2005/2008) : un modèle de comédie française qu'on ne voit que trop rarement sur nos écrans. Réalisation de grande classe, interprétation génialement rétro, effarante reconstitution des années 60, répliques vachardes, humour absurde, péripéties en pagaille. Un pur bonheur. Ma scène fétiche : en voiture avec un grossier agent secret américain, l'agent OSS 117 se fait copieusement insulter sans même s'en rendre compte (il ne comprend pas un mot d'anglais).

07-OSS 117

8) La Classe américaine, de Michel Hazanavicius et Dominique Mérerette (1993) : près d'une décennie avant OSS 117, Michel Hazanavicius faisait déjà preuve d'un véritable génie comique avec ce film entièrement constitué de scènes détournées provenant de classiques hollywoodiens. L'excellent et hilarant redoublage donne lieu à des dialogues d'anthologie. Un tour de force technique qui parvient à relater une histoire originale, celle de George Abitbol (alias L'Homme le plus classe du monde), à partir de morceaux de cinéma disparates. Ma scène fétiche : Clark Gable questionné par... Julien Lepers !

08- la classe americaine

9) Snatch, de Guy Ritchie (2000) : une formidable galerie de personnages schtarbés (Tony dents de plomb, Boris le Hachoir, Tête de brique...), dominée par un Brad Pitt déchaîné en boxeur manouche cradingue. Les multiples intrigues du scénario s'enchaînent et s'imbriquent avec une fluidité confondante, à un rythme effréné. Un cartoon live, violent et décalé. Ma scène fétiche : Tony dents de plomb a bien du mal à achever Boris le Hachoir, un mafieux russe increvable...

09-snatch

10) The Mask, de Chuck Russell (1994) : hommage démentiel à l'univers déjanté de Tex Avery, performance comique hors-normes de Jim Carrey, une avalanche de gags aussi inventifs que délirants. Les effets spéciaux n'ont pas pris une ride. Ma scène fétiche : une parodie désopilante de la cérémonie des Oscars.

10-the mask

11) 1941, de Steven Spielberg (1979) : le film le plus méconnu, mais aussi le plus drôle du père d'Indiana Jones. Bordélique, chaotique, hystérique, cette fresque historique burlesque, narrant l'attaque ratée d'Hollywood par un sous-marin japonais, est un véritable tour de force logistique qui s'amuse avec une joie enfantine à tout détruire sur son passage. Jubilatoire ! Ma scène fétiche : la destruction finale de la maison familiale, digne des délires catastrophiques de Laurel et Hardy.

11-1941

12) Hot Fuzz, d'Edgar Wright (2007) : après le film de zombies, l'auteur de Shaun of the dead s'attaque à la comédie policière, genre casse-gueule par excellence (la sinistre saga Police Academy, notamment...). Edgar Wright s'en sort avec les honneurs, épaulé par son duo comique fétiche Simon Pegg / Nick Frost, en signant la chronique désopilante d'un cador de la police londonnienne relégué dans une campagne anglaise (faussement) tranquille, à cause de son trop grand zèle. Ma scène fétiche : la prise d'assaut « musclée » d'une supérette.

12-hot fuzz

13) La Souris, de Gore Verbinski (1998) : ce pourrait être le pendant en huis-clos du 1941 de Spielberg, un film de « destruction massive », où la plus petite chose (ici, une souris) déclenche une véritable apocalypse. Un humour purement graphique qui fait mouche et un crescendo dans la catastrophe qui maintient notre intérêt jusqu'à la dernière minute. Ma scène fétiche : les piégeurs piégés par des centaines de tapettes à souris qui se déclenchent toutes en même temps autour d'eux.

15-la souris

14) Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin, de John Carpenter (1986) : un film délirant dont l'absurdité, entièrement assumée par son réalisateur, parvient à installer une atmosphère étrange, aux frontières de l'onirisme. Le personnage de loser mythomane incarné par Kurt Russell est irrésistible. Ma scène fétiche : Jack Burton et sa joyeuse bande confrontés à un ennemi qui bande tellement ses muscles pour les impressionner qu'il finit par exploser.

16-jack burton

15) Le Téléphone sonne toujours deux fois, de Jean-Pierre Vergne (1985) : premier film méconnu des Inconnus (ils étaient 5 à l'époque), cette comédie policière à l'atmosphère très 80's rend un bel hommage au genre du film noir, tout en en parodiant les codes. Scénario bien ficelé, jamais prétentieux, personnages attachants, gags hilarants... un vrai régal. Ma scène fétiche : la soirée dans la boîte gay (truffée de clichés assumés) qui se termine par une rencontre avec le gérant, un parrain travesti (qui se fait appeler la « Marraine ») incarné par l'excellent Michel Galabru.

19-le telephone sonne toujours deux fois

 

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5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 16:58

La série "Mes amours" continue ! Après les films de super-héros, de science-fiction et d'horreur, voici mes films d'action favoris.


1) Inception, de Christopher Nolan (2010) : le film d'action ultime, qui se paie le luxe d'associer des scènes ultra spectaculaires à un scénario brillamment construit. Avec en prime un casting de luxe et une musique grandiose signée Hans Zimmer. La scène qui fracasse tout : une bataille dantesque dans un décor de montagne enneigée, doublée d'un combat parallèle en apesanteur. Grisant !

01-inception

2) Last Action Hero, de John McTiernan (1994) : sans doute le meilleur film de Schwarzenegger, qui se parodie lui-même pour notre plus grand bonheur. La dimension savoureusement décalée n'empêche pas McTiernan de nous livrer un spectacle colossal, sans temps morts, truffé de répliques cultes et qui ne verse jamais dans la frénésie. La scène qui fracasse tout : une parodie musclée de Hamlet, où le prince danois accomplit sa vengeance à coups de mitrailleuse et en faisant tout exploser. Hilarant ! La quintessence du cinéma d'action des années 90...

02-last action hero

3) Piège de Cristal, de John McTiernan (1988) : film culte parmi les films cultes, qui propulsa le jeune Bruce Willis sur le devant de la scène hollywoodienne. L'action se déroule en huit clos dans une gigantesque tour de verre, dont la caméra, rivée au personnage principal, explore chaque recoin. Le décor devient ainsi l'adjuvant majeur du héros. Alan Rickman s'amuse comme un fou dans la peau d'un terroriste allemand aussi effrayant que ridicule, tandis que Bruce Willis élimine un par un tous ses sbires en alignant des répliques grandioses. La scène qui fracasse tout : pour nettoyer d'un seul coup tout le rez-de-chaussée de l'immeuble, le héros balance une télé bourrée d'explosifs dans une cage d'ascenseur...

03-piège de cristal

4) GoldenEye, de Martin Campbell (1995) : la classe de Pierce Brosnan, l'élégance folle de la mise en scène, le générique cultissime interprété par Tina Turner, les prouesses acrobatiques de la vénéneuse Famke Janssen, la délirante poursuite en tank dans les rues de Saint-Pétersbourg, les répliques fun, l'invincible Boris incarné par un Alan Cumming survolté, la poursuite Ferrari vs Aston Martin sur les routes de campagne du sud de la France... Mon « James Bond » favori. La scène qui fracasse tout : le combat à mains nues opposant Pierce Brosnan et Sean Bean, où comment deux gentlemen se laissent aller à la sauvagerie.

04-goldeneye

5) Casino Royale, de Martin Campbell (2006) : réalisé par l'auteur de GoldenEye, mon deuxième « James Bond » favori. Un dépoussiérage complet de la saga, un regain de brutalité et d'âpreté qui ne verse cependant jamais dans le réalisme. La surenchère est toujours de mise, parfaitement assumée, quand il s'agit de s'attarder sur une partie de poker pendant plus de 40 minutes ou, au contraire quand l'agent 007 doit se battre contre une armée de sbires dans une maison vénitienne en train de s'écrouler. Daniel Craig offre au personnage de Bond, moins monolithique qu'auparavant, un double visage, mélange fascinant de fragilité et de barbarie. La scène qui fracasse tout : l'impressionnante poursuite inaugurale, réalisée sans aucun trucage numérique, un véritable morceau de bravoure.

05-casino royale

6) Demolition Man, de Marco Brambilla (1995) : un film de science-fiction trépidant et parodique, qui est sans doute à Stallone ce que Last Action Hero est à Schwarzenegger. Aussi spectaculaire que décalée, cette fresque futuriste aux décors étonnants, offre un terrain de jeu jubilatoire à l'affrontement des deux protagonistes, incarnés par un Stallone moins marmoréen que d'habitude et un Wesley Snipes totalement disjoncté. La scène qui fracasse tout : les retrouvailles explosives de John Spartan (Stallone) et Simon Phoenix (Snipes) dans un musée, après quelques décennies de cryogénisation.

06-demolition man

7) True Lies, de James Cameron (1994) : le dernier film « à l'ancienne » de James Cameron, avant ses délires numériques (Titanic, Avatar), adaptation spectaculaire jusqu'au délire du film français La Totale, de Claude Zidi. Retrouvant une dernière fois Schwarzenegger, la vedette de ses Terminator, Cameron signe un film d'action débridé, bourré d'humour, aux personnages secondaires savoureux (Bill Paxton, irrésistible en loser mythomane ; Jamie Lee Curtis inoubliable en femme au foyer propulsée malgré elle dans le feu de l'action). La scène qui fracasse tout : Schwarzenegger poursuit un terroriste... à cheval ! Hilarant et grandiose.

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8) Volte-Face, de John Woo (1997) : un film d'action à la mise en scène ultra stylisée, doté d'un scénario aussi intense que délirant, en retournant physiquement les rôles du bon et du méchant (chacun se retrouve littéralement dans la peau de l'autre). John Woo filme avec brio la confrontation vertigineuse entre Nicolas Cage et John Travolta, qui s'amusent visiblement dans leurs rôles à deux versants. La scène qui fracasse tout : l'affrontement final des deux protagonistes, une poursuite endiablée qui se termine par un combat titanesque à coups de harpon.

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9) Rambo, de Ted Kotcheff (1982) : premier et meilleur film de toute la fameuse saga. Non content de montrer la précarité d'un guerrier luttant pour sa survie dans un pays natal qui ne veut plus de lui, Rambo livre un portrait acerbe de l'Amérique au lendemain de la Guerre du Vietnam. Pour que le personnage éponyme se sente plus en danger chez lui que dans la jungle vietnamienne, c'est qu'il y a quelque chose de pourri au royaume des défenseurs de la liberté. Comment un soldat malade de la guerre peut-il survivre dans un pays pathologiquement belliqueux ? Les suites, sans intérêt, ne se posent plus du tout de questions. La scène qui fracasse tout : Rambo vient à bout d'une armée de policiers en les neutralisant un par un dans une forêt.

09-rambo

10) Cliffhanger, de Renny Harlin (1993) : d'une efficacité redoutable, l'action de Cliffhanger se déroule presque en huis clos sur les flancs d'une montagne enneigée. L'intrigue et les personnages sont basiques, mais la mise en scène donne véritablement au décor un statut de personnage (comme dans Piège de Cristal). Stallone connaît le terrain et il s'en sert jusqu'à la moindre ressource pour venir à bout des malfrats qui le traquent. La scène qui fracasse tout : la traumatisante scène d'introduction, ou la mort vertigineuse de la compagne du héros.

10-cliffhanger

 

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25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 22:00

scream4

Le chiffre 4 ne laissait présager rien de bon. Généralement -– à quelques exceptions près -– d'après la loi des suites au cinéma, plus le chiffre est élevé, plus le film est mauvais. Parfois dès le deuxième (Matrix Reloaded, Destination Finale 2, Blair Witch 2...), souvent à partir du troisième, voire quatrième volet, ou plus encore (exemple tristement connu de la saga Saw, qui gagne en débilité scénaristique à chaque opus). On était donc en droit de s'attendre à une catastrophe pour le quatrième film de la saga de Wes Craven, rendue célèbre à la fin des années 90 par sa glaçante figure de tueur au masque fantomatique. Or, il n'en est rien. Scream 4 s'avère être, dès sa première vision, non seulement un très bon film de divertissement horrifique, dans la parfaite lignée de ses prédécesseurs, mais également l'une des meilleures œœuvres de cinéma de ce famélique début d'année 2011.

Calquant habilement son scénario sur celui des deux premiers Scream, la nouvelle mouture de Craven se paie le luxe de pousser plus loin encore le principe de mise en abyme consistant à enchâsser un ou plusieurs films d'horreur dans le film d'horreur. La séquence d'ouverture, construite comme des poupées russes, enchaîne avec jubilation les apparitions sanglantes de stars du petit écran (Anna Paquin, Kristen Bell...), avant d'entraîner le spectateur au cœœur d'une atmosphère à la fois tendue et décalée. L'intrigue, ponctuée par de saisissantes montées d'adrénaline à chaque meurtre, prend le temps d'explorer l'état d'esprit de tous ses personnages, que l'on retrouve quelques années après les événements tragiques de Scream 3. Alors que l'ancienne génération (Neve Campbell, David Arquette, Courtney Cox), toujours au bord de l'auto-parodie, se retrouve paumée dans une époque qui n'est plus la sienne, les nouveaux personnages (Hayden Panettiere, Emma Roberts, Rory Culkin...) incarnent une jeunesse terrifiante d'inconscience et d'irresponsabilité face à l'horreur. Wes Craven joue en maître de cette opposition, se faisant s'affronter impitoyablement les deux générations. Il entremêle ainsi deux points de vue, gravité contre insouciance, sagesse contre crétinisme juvénile. Métaphore d'un cinéma maîtrisé face à un cinéma actuel qui ne se soucie plus de son contenu, ni de sa forme...

Cela permet surtout au réalisateur, au-delà d'un schéma a priori caricatural, de livrer à chaud une vision de son temps. Scream 4 bâtit en effet, avec une folle insolence, le portrait du cinéma et des médias contemporains. Flirtant avec un cynisme assumé, le film se paie la tête des franchises mercantiles (tous les titres y passent ou presque), alors qu'il est lui-même une énième suite. Mais la cible principale du bazooka horrifique de Wes Craven reste tout de même l'avènement des réseaux sociaux virtuels (effarante réplique « I don't need friends ! I need fans ! ») et le nivellement par le bas de l'image, voire de l'imaginaire. Tout est image, rien n'est image. Le tueur croit faire du cinéma en filmant ses crimes, dans le but de les mettre en ligne sur Internet. Et Craven de fustiger tout un nouveau pan du cinéma d'horreur qui s'illusionne en croyant pouvoir faire peur avec de l'image « vraie », brouillonne, prise sur le vif. Écrasant royalement toute la famille de ces pseudo-documentaires de la peur, le père de La Colline a des yeux vient prouver avec brio qu'il est encore capable de nous faire déconner le palpitant à travers une mise en scène élégante aux images stylisées, aux cadrages posés. Pour lui, la prise de vue tremblotante au caméscope, cette volonté dérisoire du réalisme, c'est de l'amateurisme pur et simple. Et il a bien raison. Le cinéma a toujours été -– et restera toujours -– l'art du mensonge spectaculaire. Il n'a que faire du réalisme. Force est de constater qu'à ce titre, Scream 4, véritable « film à l'ancienne », est d'une redoutable efficacité. Une leçon de cinéma pour le nouveau cinéma, en quelque sorte. Jouissif !

4sur5

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25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 20:13

Never let me go, de Mark Romanek (2 mars 2011) : un bon film d'anticipation déguisé en drame humain déchirant. Une vision du futur aussi crédible que terrifiante, peut-être un peu trop lyrique dans son traitement et dans le jeu des acteurs. Andrew Garfield est saisissant de sincérité et de naturel, comme à son habitude. Certaines images du film nous hantent longtemps après la projection. Note : 3/4

never let me go

Sans identité, de Jaume Collet-Serra (2 mars 2011) : une arnaque totale, par le réalisateur d'Esther. Un scénario qui plagie sans vergogne celui de Frantic (la classe de Polanski en moins) et qui pille les rebondissements identitaires de Total Recall (la folie de Verhoeven en moins). Liam Neeson, dans son rôle le plus ridicule depuis Qui-Gon Jinn (le sabre-laser en moins), se couvre de honte, totalement à côté de ses pompes. Il y a vraiment des producteurs qui filent du fric pour ça ? Inquiétant... Note : 1/4

The Silent House, de Gustavo Hernandez (16 mars 2011) : un pseudo film d'épouvante d'une malhonnêteté à vous filer la nausée. Les sinistres auteurs de cette innommable daube ont en effet inventé la caméra subjective... fantomatique ! Puisqu'elle n'est portée par personne. Du foutage de gueule abyssal qui oublie carrément les bases les plus élémentaires du cinéma. Quand on ne sait pas ce qu'est la notion de point de vue, on devrait s'abstenir de faire des prises de vue. A bon entendeur... Note : 1/4

Ma part du gâteau, de Cédric Klapisch (16 mars 2011) : un bon film populaire descendu en flèche pour sa dimension caricaturale. Mais ne vivons-nous pas dans un monde totalement caricatural ? Les détracteurs de Klapisch semblent vivre dans les mêmes hautes sphères que le salaud incarné par Lellouche. Loin d'être un chef d'œ’œuvre, mais certainement pas mauvais, Ma part du gâteau reste un film attachant, auquel la formidable Karin Viard apporte une belle note d'humanité, à la fois drôle et touchante. Note : 2/4

ma part du gateau

World invasion : Battle Los Angeles, de Jonathan Liebesman (16 mars 2011) : techniquement, ça en jette, on en prend plein la vue face à presque deux heures de bourrinage ininterrompu dans des décors post-apocalyptiques de cauchemar. Mais quand on creuse un peu, on ne peut nier qu'il s'agit d'une catastrophe scénaristique (c'est presque aussi faible que le nullissime Battle Planet), aux personnages inexistants. La portée morale et idéologique se révèle infecte, entre patriotisme fascisant et célébration aveugle du courage militaire américain. Gerbant. Note : 1/4

Rango, de Gore Verbinski (23 mars 2011) : on attendait un vrai film d'aventure, aussi délirant et trépidant que pouvait l'être les trois premiers Pirates des Caraïbes. On assiste à l'un des spectacles les plus mous jamais réalisés. On s'ennuie ferme, c'est truffé de clichés, ça flirte en permanence avec le plagiat (hommage, mon œœil !), les personnages sont tout sauf attachants. Une pure démonstration de savoir-faire technique rendue totalement vaine et inutile par la vacuité qui l'habite. Une déception colossale ! Note : 1/4

The Company Men, de John Wells (30 mars 2011) : un film touchant sur la crise de l'emploi américaine, porté par l'interprétation solide de tout son casting (même Ben Affleck paraît moins fade que d'habitude). C'est un peu long, parfois mou du genou, mais d'une sincérité indéniable, avec même une belle note d'espoir finale. Note : 2/4

the company men

 

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19 avril 2011 2 19 /04 /avril /2011 00:51

N'ayant pas forcément le temps de chroniquer longuement tous les films que je vois, « screen addiction » oblige, voici un rapide florilège critique de ce que j'ai pu découvrir dans les salles obscures en janvier et février derniers.

Somewhere, de Sofia Coppola (5 janvier 2011) : pas de scénario, des acteurs en roue libre, un rythme proche de l'encéphalogramme plat, une esthétique inexistante, des cadrages souvent douteux, une « profondeur » psychologique aussi prétentieuse que ridicule. Sofia Coppola a décidé de se payer notre tête en se reposant sur ses lauriers (jadis mérités), et elle le fait très bien. Faudra penser à refaire du cinéma la prochaine fois... Note : 1/5.

Arriety : le petit monde des chapardeurs, de Hiromasa Yonebayashi (12 janvier 2011) : un joli film d'animation plein de couleurs et de bons sentiments. Un divertissement agréable, mais pas inoubliable. Note : 2,5/5.

Poupoupidou, de Gérald Hustache-Mathieu (12 janvier 2011) : une très bonne surprise dans le paysage souvent décevant du cinéma de genre français. Malheureusement passé inaperçu, ce petit bijou de polar décalé mériterait une seconde chance en DVD ou Blu-Ray : intrigue bien ficelée, beaux paysages enneigés, ambiance à la fois glauque et hypnotique, acteurs bien dans le ton (Jean-Paul Rouve en tête) et magnifique hommage à Twin Peaks qui ne tombe jamais dans le plagiat. Hustache-Mathieu est un auteur à suivre de près ! Note : 4/5.

poupoupidou-candice-lecoeur

Le Dernier des Templiers, de Dominic Sena (12 janvier 2011) : un nanar de plus dans la filmographie en dents de scie de Nicolas Cage et celle, peu reluisante, de Dominic Sena, tâcheron hollywoodien de première classe (60 secondes chrono, Whiteout...). Une orgie de nullité à oublier illico. Note : 0,5/5.

Harry Brown, de Daniel Barber (12 janvier 2011) : un électrochoc, un uppercut cinématographique révélé dans nos salles presque deux ans après sa sortie britannique. Entre thriller tendu à craquer et vision apocalyptique des tréfonds de la société anglaise, tout le film est porté par l'interprétation terrifiante de Michael Caine, inoubliable en vieillard brisé mais déterminé. On ressort de la salle avec un goût de sang dans la bouche, traumatisés par ce film ultra-violent mais d'intérêt public. A découvrir d'urgence ! Note : 4,5/5.

harry brown

Tron : L'Héritage, de Joseph Kosinski (9 février 2011) : l'archétype du nanar de luxe des années 2000. Images ultra-léchées, mais froides comme du marbre, scénario anémique, direction d'acteurs oubliée, bande-originale exclusivement commerciale (Daft Punk révolutionne la musique de film... cette blague !), utilisation inutile et exaspérante de la technologie 3D. Mieux vaut revoir le film original de 1982, certes plus cheap mais tellement plus attachant. Note : 1/5.

127 heures, de Danny Boyle (23 février 2011) : Une épopée immobile assez effrayante, portée par l'interprétation de première classe de James Franco, qui joue la folie avec une aisance déconcertante. Pulvérisant les codes d'une l'esthétique clipesque assumée, la scène de délivrance du personnage principal est un pur cauchemar, une séance de torture audio-visuelle dont on ne sort pas indemne. Comme à son habitude, Boyle en fait trop lors du dénouement, mais sans gâcher la force de son film (cf. la grotesque scène zombiesque de Sunshine). Note : 3,5/5.

127 hours

 

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6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 03:01

sucker punch

Zack Snyder vient de confirmer la triste tendance : 2011 voit (presque) tous ses films les plus prometteurs se gameler les uns après les autres (à l'exception de Black Swan et Fighter). Après les désastreux Somewhere, Au-delà, Tron Legacy, ou encore Rango, Sucker Punch s'affiche non seulement comme le pire film de Snyder mais aussi comme l'un des plus gros ratages de l'année. Alors qu'il nous avait épatés avec 300, fresque aussi violente que grandiose, et la sublime adaptation de Watchmen, Snyder nous livre un navet de la pire espèce. Scénario bancal, bâclé, sans enjeux, bêtement binaire (alternance de scènes bourrines et d'accalmies), ultra-répétitif, triste chapelet d'actrices mono-expressives (la fadasse Emily Browning en tête) offrant de la mamelle et de la fesse sans glamour aucun, montage épileptique digne des partouzes métalliques d'un Michael Bay, bande-son assourdissante aussi subtile que dix Boeing 747 au décollage...

On a littéralement « l'impression d'assister à des introductions avortées de jeux vidéo bourrins avec en sus la frustration de ne pouvoir y jouer » (1). Mais qui a bien pu décréter que Sucker Punch est un film de geeks ? Pris au piège de ses références innombrables, Snyder se perd dans un tourbillon d'images marmoréennes, impénétrables, frigides dans leur soi-disant bouillonnement. Belles mais vides. La plastique est vaine. Privé presque d'emblée de toute espèce d'émotion, on finit par s'ennuyer devant ce film d'action au sérieux terrifiant, à la mise en scène tétanisée – mais jamais tétanisante, qui s'autoproclame comme le summum du divertissement fun sans jamais atteindre ne serait-ce qu'une once de fun. Ce bon vieil esprit fun qui faisait le charme et la saveur des 90's. Qu'elle est lointaine la galaxie délirante et jouissive du Cinquième Élément...

0,5sur5

 

(1) dixit ma geek de coloc en sortant de la projection, la mort dans l'âme...


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