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16 avril 2012 1 16 /04 /avril /2012 10:36

projet-x-

Après le film de monstre (Cloverfield), le film d'horreur (The Silent House) ou encore le film de super-héros (Chronicle), le style tremblotant de la caméra subjective s'attaque au teen movie avec Projet X, objet filmique étrange, à la croisée improbable des déboires sexuels d'American Pie et de la folie destructrice de The Party de Blake Edwards (la classe en moins). Nulle trace de scénario à l'horizon (trois ados organisent une méga teuf dans l'unique espoir de tremper leur biscuit), Projet X, comme tous les autres essais du genre, s'inscrit dans la pure logique « amatrice » d'un found footage qui suivrait l'action en temps (presque) réel, se foutant royalement de toutes les règles relatives à la narration, au cadrage et au montage. Si certaines séquences parviennent à nous arracher quelques éclats de rire (nerveux ?) par leur charge absurde (un ex-militaire fou furieux excité du lance-flamme, un nain colérique et bagarreur enfermé dans un four) et même si l'ennui ne s'installe jamais, force est de constater que l'intérêt du film avoisine presque en permanence le niveau zéro de la création cinématographique.

Encore moins légitime qu'un 11 Commandements, qui avait au moins le mérite de ne pas masquer sa gratuité derrière une pseudo fiction, Projet X se révèle comme la définition même du fun dans nos sociétés actuelles : une gigantesque orgie de crétinerie aussi superficielle qu'éphémère, un cache-misère face au néant existentiel qui habite la jeunesse d'aujourd'hui, vivotant sans valeurs ni repères (le cul, l'alcool, le cul et... encore le cul). L'ambiguïté de la position du film par rapport à ce fléau – on pourrait y voir simultanément l'apologie et la critique bourrine de l'homo festivus – porte en elle la nonchalance tragique qui caractérise cette jeunesse bicéphale, écartelée entre son propre malaise et son besoin viscéral de divertissement décérébré. De ce point de vue, on peut dire sans ambages que Projet X est une sacrée réussite. Déjà vouée à l'oubli...

1,5sur5

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28 mai 2010 5 28 /05 /mai /2010 19:53

le plan b

Nouveau film d'Alan Poul, co-producteur de la série Six Feet Under et réalisateur de quelques épisodes de Rome. Sorti le 19 mai. Voici 10 bonnes raisons d'éviter le coma diabétique face à cette catastrophe niaiseuse :

1) Le kitsch poussif du générique et des premières séquences

2) Le cabotinage désastreux de Jennifer Lopez, qui n'est décidément pas une actrice

3) L'avalanche franchement indigeste de clichés sur la maternité

4) Le ridicule des scènes soi-disant humoristiques

5) L'ineptie abyssale des dialogues, neuneus à souhait

6) Le dénouement incroyablement sirupeux

7) La platitude visuelle de l'ensemble

8) Le grotesque de scènes trash ratées

9) La fadeur des seconds rôles

10) Le gouffre de non-intérêt cinématographique que représente le film

En bref : L'histoire d'amour indigente et franchement inutile entre une bimbo enceinte vendeuse de chiens et un cul-terreux fabriquant de fromage. Quelle sera la prochaine étape dans la course au crétinisme ? Paris Hilton se tapant un Amish ? Revoyons plutôt  Rome et Six Feet Under, c'est bien moins dangereux pour les neurones.

0,5sur5

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19 avril 2010 1 19 /04 /avril /2010 14:09

dernière heure édition spéciale

Véritable bombe comique, hélas tombée dans les oubliettes du cinéma français, le film de Maurice de Canonge n'avait jamais été diffusé depuis sa sortie en 1949. Le premier Festival Lumière de Thierry Frémaux (13-18 ocotobre 2009) lui a offert une renaissance. D'une qualité comparable à celle des Tontons flingueurs, on se demande bien pourquoi un tel fleuron de notre comédie classique a pu être oublié. Le scénario est délirant à souhait, porté par un Paul Meurisse déchaîné : pour épater sa femme et flatter son ego, un journaliste des « courriers du cœœur » fait passer la mort naturelle d'un grand pianiste pour un meurtre, donnant lieu à une enquête policière qui va finir par le dépasser et lui faire regretter son mensonge. Les seconds rôles (Odette Joyeux, Pierre Dac...) s'en donnent à cœœur joie. Jean Carmé et Michel Galabru, tellement jeunes qu'on les reconnaît à peine, trouvaient certainement là leur premier rôle. Les dialogues, d'une finesse et d'une énergie folles, ainsi qu'un comique de situation irrésistible, provoquent un fou rire quasi permanent. 1h30 de pur bonheur pour les cinéphiles comme pour les amateurs de comédie !

4sur5

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22 mars 2010 1 22 /03 /mars /2010 05:25

03

« Écoute le Jedi qui est en toi » murmure George Clooney à Ewan McGregor, alors qu'ils attendent la mort au fond d'un cachot irakien. Savoureux clin-d'œœil au guerrier inter-galactique qu'interprétait le même Ewan McGregor dans la cultissime saga Star Wars. La scène la plus hilarante de cet OVNI cinématographique que sont Les Chèvres du Pentagone. Une parodie de film de guerre inspirée de faits soi-disant réels, une peinture délirante du conflit irakien où l'absurde côtoie le grotesque. Une brochette d'acteurs visiblement amusés par leurs rôles de combattants de pacotille, joyeux illuminés entraînés à devenir des soldats télépathes de choc. Le film s'ouvre sur Stephen Lang jouant les passes-muraille, se rétamant lamentablement contre le mur qu'il essaie de traverser pour épater ses supérieurs. Parodie de Quaritch, le Colonel inoxydable d'Avatar ? Peut-être bien. Le film de Grant Heslov passe à la moulinette hippie tous les classiques contemporains traitant de la guerre en Irak : Jeff Bridges se prend pour un Timothy Leary troupier, Kevin Spacey joue un Lester Burnham reconverti en chieur du régiment (un peu de substance hallucinogène dans son verre et ses confrères prennent leur revanche), George Clooney est un doux dingue capable de dissiper les nuages et de tuer une chèvre par la pensée. Une grande farce sous LSD ? Pas tout à fait. Ou plutôt, pas jusqu'au bout. Le délire ne tient malheureusement pas la distance. Trop ponctuel, trop rare. On aurait aimé voir un déchaînement de scènes délirantes, une montée en puissance dans l'hallucination. Mais Les Chèvres du Pentagone souffre de la même lacune que Démineurs, installant son spectateur dans une regrettable routine narrative, inhibant peu à peu l'intérêt dramatique. Un film plaisant, certes, mais pas impérissable. Trop timide pour marquer durablement les esprits. Un bon moment quand même.

2sur5

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16 mars 2010 2 16 /03 /mars /2010 00:43

cineman

Presque rien à se mettre sous la dent. L'idée de base promettait d'être géniale : un professeur de mathématiques ringard se met à voyager dans le cinéma, à travers une multitude de films, pour sauver une princesse en détresse. La déception est colossale. Au lieu d'un film jouissif et délirant, on assiste à un spectacle sage, beaucoup trop sage, d'une vulgarité effarante. Les parodies de films cultes (Pour une poignée de dollars, Barry Lindon, Robin des Bois, Taxi Driver, Tarzan...) ne sont pas légions et c'est à peine si elles font sourire. Dubosc se démène comme un pauvre diable, il cabotine au point de laminer le scénario : un rôle aussi "caméléon" aurait dû être confié à un inconnu pour conserver un effet de surprise totale. On se prend même à rêver d'un Michel Gondry au commandes, on en attendait surtout beaucoup plus de la part de l'auteur prometteur du pétillant Podium.

0,5sur5

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