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30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 01:33

belles de nuit

Les Belles de nuit, de René Clair. Avec l'immense Gérard Philipe. Ou le portrait halluciné et hallucinant d'un jeune musicien trouvant un refuge contre la tristesse du monde dans l'univers des rêves, jusqu'à ce que le cauchemar de la réalité vienne fatalement s'y immiscer. Œuvre méconnue du cinéma français des années 1950, d'une modernité et d'une inventivité folles. On croirait voir les germes de tout un pan du cinéma de l'imaginaire (de Jean-Pierre Jeunet à Terry Gilliam en passant par Michel Gondry et même Inception de Christopher Nolan). Transitions graphiques entre rêve et réalité, changements fulgurants de décors, décadrages et recadrages saisissants, spirale temporelle où toutes les époques fusionnent jusqu'à un morceau de bravoure final d'anthologie où le héros traverse littéralement les âges à toute vitesse au volant d'une voiture. René Clair inventait le temps d'un film un genre de comédie musicale onirique. Enthousiasmant et jubilatoire de bout en bout, une pépite du 7ème Art à redécouvrir d'urgence. D'autant plus que le récent bluray édité par Gaumont est d'une splendeur irréelle !


gone girl

Gone Girl. Casting au top, montage minutieux, scénario malin, bande-originale envoûtante, photographie somptueuse, rythme idéal alternant tensions et explosions de violence, polyphonie narrative... Le nouveau Fincher avait tout pour atteindre des sommets de cinéma. L'objet se révèle cependant tellement maîtrisé dans sa forme qu'elle en devient presque écrasante, ne laissant quasiment aucun espace d'interprétation à son spectateur. Ce qui aurait pu être une déchirante tragédie relationnelle finit par se déliter dans un formalisme qui n'a d'autre obsession que lui-même. Trop calculateur, le film atteint parfois des sommets de froideur et de désincarnation qui viennent un peu gâcher le plaisir d'une intrigue pourtant aussi effrayante que ludique dans sa vision cynique jusqu'au délire du couple marié. Épatante performance de Rosamund Pike, qui nous rappelle avec délice la vénéneuse Sharon Stone de Basic Instinct et Total Recall.


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28 janvier 2015 3 28 /01 /janvier /2015 02:14

nymphomaniac 2

Plus sombre, plus tourmenté, plus violent que le précédent volet, Nymphomaniac : Volume II adopte la forme d'une spirale autodestructrice, autant sur le plan diégétique (lente descente aux enfers de l'héroïne) qu'extradiégétique, dans la mesure où le film retourne un à un ses propres codes pour mieux nous désemparer. Mélange virtuose de tons contraires. On passe de l'horreur frontale et clinique (atroce scène d'auto avortement) au comique le plus farcesque (un ménage à trois infructueux). Une émotion inattendue parvient même à sourdre des interstices tragiques de l'intrigue, à travers la recherche désespérée d'une tendresse quasi inatteignable, liée à une paternité / maternité malade, toujours estropiée. Une tendresse impossible. Une promesse de fraternité tragiquement utopique, comme en témoigne le twist glaçant des derniers plans, révélateur de la nature profonde de l'être humain. Le récit de la nymphomane du titre, qui s'annonçait comme libérateur, prend l'allure douloureuse d'une expérience cathartique fracassée. L'horizon rédempteur qu'elle visait plus ou moins consciemment devient brutalement ténèbres. Littéralement. Écran noir final tétanisant, d'où n'émanent que les sons terrifiants de notre fuite perpétuelle, les yeux grand fermés, face à la mort.


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27 janvier 2015 2 27 /01 /janvier /2015 01:59

nymphomaniac

Nymphomaniac : Volume I. Découvert directement en director's cut. Après le choc provoqué par Melancholia, je me suis encore fait terrasser par le pouvoir de sidération du cinéma de Lars von Trier. C'est insoutenable, grossier, paillard, voyeur, outrancier, parfois abject, mais la fascination finit par l'emporter immanquablement. Et toujours cette quête de rédemption, en filigrane, comme en sourdine, sous la peinture du vice, au-delà du portrait écorché d'une obsédée sexuelle. Une espérance muette, presque une prière, derrière la radiographie des tréfonds obscurs de l'âme, derrière l'exploration d'un désir hautement destructeur. Réduit souvent et à tort à un simple provocateur, Lars von Trier n'a pas volé son statut de cinéaste moraliste, jongleur virtuose et impitoyable des caractères humains. De l'ouverture expérimentale explosive transcendée par les accords déchaînés de Rammstein à l'agonie déchirante d'un père dialoguant avec celle d'Edgar Poe, en passant par une séquence d'anthologie, scène de vaudeville malade où une mère trompée (désarmante Uma Thurman) vient rendre visite – avec ses trois enfants – à son mari volage sur les lieux mêmes du méfait, Nymphomaniac s'érige en œuvre somme dans sa volonté folle mais hautement louable de décrypter sous tous leurs aspects – y compris culturels – la nébuleuse musicalité, la sibylline arithmétique, l'énigmatique liquidité du désir. Du cinéma original et libéré, comme on aimerait en voir plus souvent. Hâte de découvrir le second volume !


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28 novembre 2013 4 28 /11 /novembre /2013 19:10

fragments screen startrekintodarkness

2012 nous avait copieusement gâtés du côté des superproductions foireuses, avec ses reboots aussi inutiles qu'arrogants (The Amazing Spider-Man), ses démolitions en règle de sagas mythiques (Le Hobbit : Un Voyage inattendu, Prometheus), ses grosses niaiseries (Blanche-Neige et le Chasseur) et ses adaptations crétinoïdes de monuments littéraires (Sherlock Holmes : Jeu d'ombres). L'industrie hollywoodienne nous faisait en grande pompe une nouvelle et sinistre démonstration de son manque fragrant d'ambition artistique, comme pour partir en beauté – dans un feu d'artifice ultime de nullité - avant la fin du monde. Etait-il possible qu'Hollywood puisse tomber plus bas encore dans la fange, dans les abysses nauséabonds de l'anti-créativité ? Un bref regard sur la fournée des blockbusters de 2013 et l'on se surprend presque à regretter que le fameux cataclysme planétaire promis par nos amis Mayas n'ait pas eu lieu. Car désormais, rien ne semble en mesure d'arrêter la course effrénée d'Hollywood, sa violation hystérique et mercantile du Septième Art.

Annoncée à tort comme l'année du grand retour de la Science Fiction, 2013 ne nous a finalement livré que des titres tous plus mineurs les uns que les autres, sans intérêt aucun pour le genre (exception faite du viscéral et magnifique Gravity, d'Alfonso Cuaron). Avec Oblivion, Joseph Kosinski signe sa deuxième incursion (ratée) dans la SF – après le ridicule Tron Legacy – où l'on suit les déboires pas très excitants d'un agent d'entretien de drones (incarné par Tom Cruise) sur une Terre ravagée par une guerre nucléaire : handicapé par une lenteur rythmique maladroite et des citations gratuitement pompées sur des références telles que Mad Max, Moon, Wall-E voire The Truman Show (pour les ficelles manipulatrices), le film de Kosinski échoue à donner vie à un univers pourtant crédible voire ponctuellement impressionnant sur un plan purement visuel.

fragments screen manofsteel

Mais ce n'est rien face à la crétinerie hystérique (historique ?) des soi-disant poids lourds de l'année dans le domaine de la SF, à savoir Star Trek Into Darkness, Man of Steel et Pacific Rim. Tandis que J.J. Abrams s'adonne à la destruction pure et simple des codes qu'il avait su réinventer avec fraîcheur dans son premier Star Trek, à travers une aventure spatiale plombée par un rythme mou du genou, des cadrages parkinsoniens et des dialogues ineptes, Zack Snyder s'amuse en compagnie de Christopher Nolan à cracher sur la figure de Superman au milieu d'un bac à sable de ringardise indigeste, de répliques pompeuses, d'acteurs figés et de roublardise scénaristique qui ferait presque passer Daredevil pour un modèle de finesse. Après avoir quitté le navire (en plein naufrage) du Hobbit, Guillermo Del Toro a cru, quant à lui, pouvoir tirer quelque chose de bon des facilités innombrables d'un scénario peuplé de robots géants pilotés passant le plus clair de leur temps à poutrer des monstres marins abyssaux : ça ressemble un peu à des gamins s'amusant un mercredi après-midi avec leurs jouets favoris, l'innocence et l'imagination en moins, mais surtout à un épisode de Transformers, la grandiose beaufitude en moins. Le seul aspect colossal du film, c'est la déception qui s'en dégage, quand on sait que le type aux commandes est l'auteur du grisant et profondément mélancolique Labyrinthe de Pan. Montrer des grandes bébêtes à l'écran ne suffit pas à faire un grand film.

fragments screen pacificrim

Du côté de l'action, autre apanage des studios hollywoodiens, pas grand chose non plus à se mettre sous la dent. Ce n'est pas avec les péripéties éculées de White House Down, remake inavoué et honteux de Piège de Cristal et de Commando mettant en scène une énième fois chez Roland Emmerich (qui s'était pourtant bien rattrapé avec Anonymous) la destruction de la Maison Blanche. L'impression de déjà-vu, de recyclage flemmard, à son paroxysme. Pire encore : la tentative ridicule et ratée d'appropriation du film de zombies par le cinéma « grand public », avec le pathétique World War Z de Marc Forster (déjà coupable du débile Quantum of Solace). Plus un cahier des charges scrupuleusement coché qu'un véritable film (jusqu'au placement de produit le plus grotesque de toute l'histoire du cinéma), World War Z, censé dépeindre une épidémie mondiale transformant les humains en morts-vivants, se vide dès ses premières scènes de toute tension, de tout intérêt dramatique, en minimisant la vision de cette épidémie, en ne montrant rien. Et comble du foutage de gueule, la fameuse guerre promise par le titre se voit expédiée en moins d'une minute juste avant le générique final. Jusqu'à ce générique, il ne se sera strictement RIEN passé à l'écran : seulement un Brad Pitt en roue libre, cachetonnant aux quatre coins du monde, comme s'il posait pour des spots publicitaires de tourisme.

fragments screen worldwarz

C'est peut-être ça, au fond, au-delà d'un irrespect total vis-à-vis de notre imaginaire et de nos mythologies, qui a fini par tuer la créativité à Hollywood : le soin maniaque, psychopathe, apporté à la promotion publicitaire des films, au détriment de leur contenu même (exemple révélateur : le trailer de Prometheus était un chef-d'œuvre de tension, le film un navet). Il serait grand temps que les cravatés arrogants qui peuplent les studios ouvrent les yeux sur une pure évidence : on construit un film avant de le vendre. Pas le contraire. A bon entendeur !

wcc

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22 octobre 2011 6 22 /10 /octobre /2011 18:44

 

habemus papam

A l'exception d'une poignée de grands films, tels que Drive et We need to talk about Kevin, la rentrée cinématographique de 2011 s'est révélée mollassonne, pas franchement excitante, à l'image d'un début d'année timide qui a vu s'enchaîner les gamelles de grands noms que l'on croyait, à tort, intouchables. La fin du mois d'août, languissante à souhait, nous avait livré son lot de blockbusters fatigués. Destination finale 5 n'apportait rien de nouveau sous le soleil d'une franchise faiblissante depuis son deuxième opus, accumulant ses cadavres grotesques sans fun aucun, tandis que Comboys et envahisseurs venait confirmer la tendance hollywoodienne actuelle, celle d'un morne fétichisme de la pyrotechnie gratuite et des personnages sans consistance. On aura préféré aux macchabées du dernier né de Destination finale (avant le prochain, bien évidemment), le petit trafic de corps organisé par Simon Pegg et Andy Serkis dans Cadavres à la pelle de John Landis, chronique macabre joyeuse, sympathique à défaut d'être inoubliable, où l'on retrouve avec délectation le temps de quelques (trop rares) scènes un Tim Curry toujours vicieux, le porte-jarretelles en moins. La peur de la mort trouvait un écrin en dents de scie dans La Guerre est déclarée de Valérie Donzelli, vraie / fausse histoire d'un couple affrontant la maladie de leur enfant avec une énergie folle : un film bordélique et touchant, mais parfois très agaçant (dans ses tics post « nouvelle vague » totalement hors de propos), sauvé in fine par un plan final aussi bouleversant que puissant.

Septembre est arrivé. Chaleur dans les rues, frilosité dans les salles obscures. Hollywood nous proposait en hors-d’œuvre une énième variation vampirique avec son frigide Fright Night, compilation clichetonneuse et vaguement décalée d'un genre éreinté jusqu'à la moelle, moins insupportable que l'infecte franchise Twilight, mais totalement inoffensif, sans mordant, aisément oubliable une fois la séance terminée. Nanni Moretti venait alors nous donner un peu de saveur avec son Habemus Papam, chronique douce-amère d'un pontife qui refuse son destin pour enfin devenir un homme. Humour tendre et fin, interprétation majuscule du toujours étonnant Michel Piccoli. Le cinéaste italien nous surprend par l'humanité qui émane de ses images, évitant avec brio les écueils du pamphlet facile. Subtilité et classe nonchalante du côté de Gus Van Sant, qui nous touchait avec Restless, histoire de mort pleine de vie, détournant la morbidité de son propos grâce à un duo d'acteurs pétillants.

Morne mois d'octobre avec une omniprésence éreintante de navets hollywoodiens : le huis clos spatial Apollo 18 s'inscrit dans la lignée lamentable de ces pseudo films d'horreur réalistes (Paranormal Activity en tête) dont se régale un public facile qui confond désormais reportage télévisé et cinéma, tandis que Dream House se vautre dans la fange d'un déjà-vu éhonté, même pas sauvé par la présence de son casting prestigieux (Craig, Watts et Weisz cachetonnent à chaque plan), et que Les Trois Mousquetaires, hystérique et ridicule, se hisse sans peine dans le panthéon des purges de 2011. L'infantilisme du cinéma hollywoodien trouve par ailleurs un écrin idéal avec Real Steel, croisement improbable de Rocky et de Transformers : une maîtrise visuelle certaine, mais des acteurs fantomatiques, un scénario suranné et une morale positiviste de la lourdeur d'une enclume. Du côté français, Maïwenn reçoit des lauriers douteux pour son Polisse, sorte de faux documentaire (qu'on croirait écrit par une lycéenne en crise) qui ne dépasse pas l'ambition d'une collection de vignettes sensibles, qui insupporte par le jeu constamment hystérique et maladroit de ses acteurs, qui aurait finalement gagné en qualité par une plus grande maîtrise formelle et un regard plus acéré sur son sujet. On préférera la légèreté et la générosité assumées d'Un Monstre à Paris, mignon film d'animation hautement divertissant, et du Skylab de Julie Delpy, savoureuse réunion de famille qui agit, par-delà les époques, comme une véritable madeleine de Proust sur grand écran.


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29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 02:39

Beginners, de Mike Mills (15 juin 2011) : Une belle tranche de vie, à la fois simple, poignante et drôle, dotée d'un casting magnifique (Christopher Plummer, Ewan McGregor, Mélanie Laurent...). Si l'on excepte quelques longueurs, l'ensemble se révèle d'une légèreté entraînante, entêtante, reposant avant tout sur la présence d'un Christopher Plummer plus pétillant que jamais en septuagénaire assumant enfin son homosexualité. Un divertissement simple et rafraîchissant, qui donne le sourire à son spectateur. Ma note : 3,5/5.

beginners

Green Lantern, de Martin Campbell (10 août 2011) : Même si la catastrophe n'est pas totale (une ou deux idées sympathiques), le scénario est aussi subtil qu'une page d'histoire tirée d'un manuel scolaire, les personnages totalement inconsistants (on a bien du mal à s'y identifier), sans compter une laideur visuelle affligeante et un humour lourdingue insupportable. On a plus affaire au Martin Campbell de l'atterrant Vertical Limit qu'à celui des surprenants Goldeneye et Casino Royale. Espérons qu'il ne s'agit pour lui que d'une parenthèse alimentaire avant son prochain bon film... Ma note : 1,5/5.

La Planète des singes : les origines, de Rupert Wyatt (10 août) : Assurément l'un des blockbusters les plus aboutis de l'année, doté d'un scénario solide, jamais étouffé par ses effets spéciaux (ahurissants), pourtant omniprésents. Le crescendo dramatique, qui porte le film de bout en bout, nous captive constamment, porté par l'interprétation touchante de John Lithgow, dans le rôle d'un vieil homme frappé par Alzheimer, et d'Andy Serkis, derrière le faciès simiesque de César, le primate qui libérera les siens dans la fureur et le sang. Intelligemment spectaculaire, le film s'inscrit dans la parfaite lignée de l'original de 1968, dans la mesure où il lui offre une genèse crédible et proprement excitante. Une très bonne surprise : 4/5.

la planete des singes les origines

Comment tuer son boss ?, de Seth Gordon (17 août 2011) : Une comédie pas toujours très subtile dans son brassage de clichés gros comme des maisons et dans la prévisibilité de son intrigue, mais des instants de franche rigolade qui la font sans hésiter basculer du côté des « guilty pleasures ». Le trio de protagonistes, ainsi que leurs patrons respectifs, s'avèrent plutôt savoureux. Une comédie bien plus réussie que les décevants Bad Teacher et Very Bad Trip 2. Ma note : 3/5.

Conan, de Marcus Nispel (17 août 2011) : Rien à se mettre sous la dent, rien à dire à propos de ce navet honteux, si ce n'est de revoir d'urgence Conan le Barbare de John Milius. Ma note : 0,5/5.

Captain America : First Avenger, de Joe Johnston (17 août 2011) : Une adaptation jubilatoire et savoureuse de l'univers Marvel, magnifiée par une esthétique délicieusement rétro (l'histoire se déroule dans les années 1940), où la figure du super-héros est traitée avec une bonne dose d'ironie bienvenue. L'efficacité des scènes d'action, tout comme l'interprétation inspirée de l'ensemble du casting (Chris Evans moins fade qu'à l'accoutumée, Tommy Lee Jones tordant, Hugo Weaving cabotinant comme jamais), concourent à un spectacle de haute volée, couronné par un finale aussi excitant que troublant. Vivement The Avengers, de Joss Whedon ! Ma note : 3,5/5.

captain-america


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13 août 2011 6 13 /08 /août /2011 04:01

Very Bad Trip 2, de Todd Phillips (25 mai 2011) : On prend (presque) exactement les mêmes et on recommence. Une suite flemmarde, poussive et sans aucune surprise, plagiat du premier opus dans un décor thaïlandais de carte postale. C'est à peine si l'on parvient à sourire devant cette avalanche imbuvable de clichés et de gags lourdingues. A deux ou trois bonnes trouvailles près, c'est un ratage lamentable. Et dire qu'une suite a déjà été lancée... Ma note : 2/5.

Attack the Block !, de Joe Cornish (20 juillet 2011) : Petite perle de série B britannique bien ficelée, au scénario aussi absurde que brillamment mis en images (l'invasion d'une barre d'immeuble de la banlieue sud de Londres par de terrifiants aliens). Formidablement rythmée, regorgeant d'effets spéciaux aussi minimalistes que parfaitement intégrés, cette bombe d'humour noir, maîtrisée de bout en bout, fait mouche à chaque instant, jusqu'à un incroyable morceau de bravoure final, somptueux ralenti qui redonne tout son sens à l'épique. Ma note : 3,5/5.

attack the block

Le Sang des Templiers, de Jonathan English (20 juillet 2011) : Une fresque médiévale à la photographie léchée, dont les combats – très brutaux – sont malheureusement cadrés par un chef-op épileptique et montés à coups de truelle. Une belle ambiance de huis clos traverse la très longue séquence du siège de Rochester par le Roi Jean, néanmoins gâchée par le cabotinage de certains acteurs, Paul Giamatti en tête. Ma note : 2,5/5.

Les Contes de la Nuit, de Michel Ocelot (20 juillet 2011) : Une jolie succession de tableaux plantant leurs intrigues aux quatre coins du monde et du temps. On pourra reprocher, au-delà de la plaisante beauté naïve des images, une tendance presque exaspérante à la redite et un ennui qui pointe parfois le bout de son nez. Agréable, rafraîchissant, mais un peu décevant. Ma note : 3/5.

Submarine, de Richard Ayoade (20 juillet 2011) : Le portrait mignon et attachant d'un ado anglais rêveur, confronté à ses premiers désirs amoureux. Quelques longueurs cependant, ainsi qu'une réalisation parfois un peu trop appliquée (c'est quand même pas mal pour un premier film !), dont les enjeux dépassent rarement l'imagerie d’'Épinal. La scène d'ouverture, dans laquelle le jeune héros imagine sa propre mort et ses conséquences, est en revanche formidablement réjouissante. Richard Ayoade, surtout reconnu pour son personnage de nerd désopilant dans la série The IT Crowd, est un réalisateur à suivre ! Ma note : 3/5.

submarine

Colombiana, d'Olivier Megaton (27 juillet 2011) : Sans surprise, une nouvelle purge issue des écuries d'Augias Besson. Une histoire de vengeance sans saveur et sans rythme, aux personnages abominablement creux. A oublier illico ! Ma note : 0,5/5.

Bad Teacher, de Jake Kasdan (27 juillet 2011) : Une prof un peu pétasse sur les bords (Cameron Diaz) tente de réunir par tous les moyens à sa disposition une importante somme d'argent, afin de se faire refaire les nichons, qu'elle voudrait énormes. Une comédie américaine pour un public américain facile. Une pseudo-farce lourdingue, jamais drôle et, surtout, d'un ennui abyssal. Recalé ! Ma note : 1/5.

Cars 2, de John Lasseter et Brad Lewis (27 juillet 2011) : Un bon film injustement éreinté par la critique. Alors que l'univers visuel déployé par Pixar se révèle d'une richesse confondante, à faire scintiller de plaisir nos mirettes hallucinées, le scénario, sans temps morts, nous entraîne à perdre haleine dans le sillage d'une aventure rocambolesque, où l'univers de James Bond se frotte au monde rugissant des courses automobiles. Les enjeux sont loin d'être idiots, proposant même un début de réflexion sur la folie des lobbies pétroliers. Mention spéciale au personnage doublé par Michael Caine, dont on peut se délecter de l'irrésistible accent british. Ma note : 3,5/5.

cars 2

La Locataire, d'Antti Jokinen (27 juillet 2011) : Certainement l'un des pires navets de l'année. Un ersatz de Sliver sans aucune sensualité et dépourvu de toute réflexion sur les pulsions humaines (sujet principal du film, pourtant...). Le scénario, nullissime, grille lamentablement toutes ses cartouches au bout de 30 minutes, les acteurs en roue libre font pitié à voir... Rien à retenir. Tout à jeter. Ma note : 0,5/5.

Les Schtroumpfs, de Raja Gosnell (3 août 2011) : Loin d'être la catastrophe annoncée, voilà un film mignon, avant tout destiné aux enfants, jamais ennuyeux et même ponctué de quelques instants savoureux (les petits personnages bleus parcourant les pages de leur propre bande-dessinée originelle...). Mais le scénario n'évite pas toujours le simpliste ou la niaiserie, tandis que Gargamel est insupportable en crétin hystérique. Mention spéciale aux effets spéciaux, qui parviennent à rendre les Schtroumpfs particulièrement expressifs et attachants. Ma note : 2,5/5.

Killing Bono, de Nick Hamm (3 août 2011) : Chronique savoureuse, pleine d'énergie et d'humour, retraçant l'histoire rocambolesque d'un obscur groupe de rock irlandais rêvant de rivaliser avec U2. Portrait aussi attachant que pétillant d'un duo de frangins losers, hanté par la figure insaisissable, spectrale (divine ?) de Bono. British movies rule ! Ma note : 3,5/5.

Super, de James Gunn : Pas encore distribué en France (une honte !), cette tranche de vie aussi barrée qu'effrayante, nous révèle un homme super-ordinaire, que des circonstances malheureuses vont forcer à prendre les armes et endosser un costume de vengeur masqué. La brutalité extrême des scènes de baston est aussi terrible qu'inattendue, tandis que les acteurs s'en donnent à cœœur joie (Ellen Page, déchaînée) pour notre plus grand plaisir. Très différent du Kick-Ass de Matthew Vaughn (on a déjà pu lire des comparaisons ridicules chez certains critiques...), Super trouve sa propre voie, celle d'un lyrisme désespéré, à la fois âpre et violent, constamment décalé mais profondément pessimiste quant à la nature humaine (l'unique promesse de salut résidant dans l'animalité...). Une excellente surprise qui mériterait totalement les honneurs d'une diffusion dans nos salles obscures ! Ma note : 4/5.

super


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13 juillet 2011 3 13 /07 /juillet /2011 00:25

Tomboy, de Céline Sciamma (20 avril 2011) : assurément le meilleur film français de ce premier semestre, avec Poupoupidou. Portrait aussi troublé que troublant d'une fillette se faisant passer pour un garçon, chronique tranquille, nostalgique et légère de l'enfance, menée avec une simplicité désarmante, portée par le jeu très naturel des enfants, omniprésents. Céline Sciamma parvient à nous faire revivre nos années d'innocence, tout en portant un regard très acerbe sur une mentalité franchouillarde profondément intolérante, pétrie d'a priori et bouffée par des codes moraux d'un autre âge. Brillant ! Ma note : 4/5.

tomboy

The Prodigies, d'Antoine Charreyron (8 juin 2011) : un ratage total ! Graphiquement hideux, ce film d'animation nous propose un scénario d'une débilité déconcertante, version pour ados attardés de X-Men ou Heroes, mettant en scène des personnages stéréotypés jusqu'au grotesque. Le rythme mollasson et les dialogues affligeants de simplisme viennent couronner cette énorme gamelle du cinéma de genre. Ma note : 1/5.

Insidious, de James Wan (15 juin 2011) : une mise en scène horrifique aussi brillante qu'efficace, jouant à fond la carte de la terreur grand-guignolesque et du pastiche décalé, avec une maestria visuelle de tous les instants et une interprétation de première classe (Patrick Wilson et Rose Byrne en tête). La séquence finale, d'une beauté irréelle, est un vrai morceau de bravoure. Ma note : 3,5/5.

insidious

Blitz, d'Elliott Lester (22 juin 2011) : un sympathique film de vengeance made in England, porté par l'interprétation très ironique de Jason Statham, constamment au bord de l'auto-parodie. En même temps, le réalisateur, plutôt inspiré, nous livre un portrait assez noir (dans la lignée de Harry Brown sans en atteindre l'excellence) et ultra-violent de la société anglaise actuelle. Un divertissement très efficace, à défaut d'être inoubliable. Ma note : 3/5.

Omar m'a tuer, de Roschdy Zem (22 juin 2011) : un film de procès aussi tendu que touchant, revenant sur l'un des scandales judiciaires les plus tristement célèbres de notre histoire contemporaine. Dans sa volonté d'objectivité dans l'exposition très sèche des faits, Roschdy Zem n'évite cependant pas une certaine empathie pour son personnage principal, flirte parfois avec le pathos, trahissant par là même le regard humain qu'il porte sur cette sinistre histoire, tout en gardant une distance salutaire. Ma note : 3/5.

Transformers 3 : La Face cachée de la Lune, de Michael Bay (29 juin 2011) : un chef-d’œ'œuvre d'effets spéciaux et de bourrinage spectaculaire. La perfection audio-visuelle du film ne parvient tout de même pas à nous faire oublier les lacunes navrantes du scénario, la débilité des dialogues, le cabotinage ridicule ou l'inutilité des acteurs. Une facture cinématographique pareille, privée d'une bonne histoire et de personnages attachants, nous donne fatalement le sentiment frustrant d'un immense gâchis. Ma note : 2/5.

Hanna, de Joe Wright (6 juillet 2011) : version ado du Nikita de Besson, menée par le réalisateur du dernier Orgueil et préjugés. La jeune Saoirse Ronan (Lovely Bones) est épatante d'énergie, de brutalité et de fragilité. Le reste du casting déçoit, entre un Eric Bana absent, une Cate Blanchett sous-exploitée et un Tom Hollander ridicule en tueur efféminé. Seuls Olivia Williams et Jason Flemyng, formant un couple inattendu, parviennent à tirer leur épingle du jeu. La BO des Chemical Brothers, très percutante, souligne malheureusement les défauts d'un scénario mou du genou, sauvé in extremis par quelques (trop rares) scènes de baston fracassantes. Un récit initiatique qui se suit sans déplaisir, mais terriblement frustrant quand on pense au potentiel grandiose qu'il n'a pas su développer. Ma note : 3/5.

hanna

Fragments de Screen n°1 (janvier - février 2011) / Fragments de Screen n°2 (mars 2011) / Fragments de Screen n°3 (avril 2011)


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6 mai 2011 5 06 /05 /mai /2011 22:00

Titeuf le filmde Zep (6 avril 2011) : un pur bonheur de film d'animation. Très drôle, parfois tendre, toujours très fidèle à la bande-dessinée tout en étant un vrai film, le passage de Titeuf sur grand écran se révèle en tous points réjouissant. A quand la suite ? Note : 3,5/5.

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Le Chaperon Rougede Catherine Hardwicke (20 avril 2011) : un des contes les plus célèbres de notre culture revisité avec la délicatesse d'un éléphant en rut par la réalisatrice du premier opus de Twilight. Une imagerie d’'Épinal à faire passer n'importe quel spot de pub pour un chef d'œ’œuvre graphique, des décors cheap, des effets spéciaux immondes (le loup est totalement raté, ridicule), des acteurs à côté de leurs pompes (Gary Oldman cabotine à mort, on en pleurerait). Une bouse de plus dans la fosse à purin cinématographique de ce premier semestre. Note : 0,5/5.

Source Code, de Duncan Jones (20 avril 2011) : une idée de scénario aussi tordue que géniale : un militaire américain se fait projeter à volonté dans la peau d'une des victimes de l'attentat d'un train, 8 minutes avant le drame, afin de démasquer le terroriste. Chaque projection le rapproche un peu plus de la vérité. La mise en scène est élégante, les acteurs sont bien dans le ton. Néanmoins, l'hésitation perpétuelle de Duncan Jones, qui ne sait s'il doit jouer à fond la carte du suspense ou du sentimentalisme lyrique, empêche le film de prétendre à une vraie unité. Le cul entre deux chaises, le réalisateur semble ainsi se perdre en même temps que son spectateur dans une deuxième partie mal fichue, qui se délite sans cesse, accumulant erreurs de construction, lourdeurs, impressions de déjà-vu (les intentions du terroriste sont les mêmes que celles du Joker dans The Dark Knight) et empathie facile (le pauvre troufion ricain sacrifié par ses supérieurs, érigé en héros absolu). C'est vraiment dommage, d'autant que le film démarre vraiment sur les chapeaux de roue. On aurait aimé que la rigueur et la radicalité initiales de l'intrigue tiennent leurs promesses jusqu'au dénouement. Mais Duncan Jones, qui n'en est qu'à sa deuxième réalisation, se place quand même toujours bien au-dessus de la fange hollywoodienne actuelle, excellant dans la direction d'acteurs et la sobriété payante de sa mise en scène (son précédent film, Moon, ainsi que la première partie de Source Code le prouvent encore). Il reste un auteur à suivre de très près ! Note : 3/5.

source code

La Croisière, de Pascale Pouzadoux (20 avril 2011) : nullité du scénario (confinant au néant), de la mise en scène (inexistante), de l'interprétation (catastrophique). On nage dans les abysses du pire cinéma français. Il y a de quoi s'inquiéter quant à la santé mentale des auteurs, producteurs et acteurs qui ont concouru à l'existence de cette bouse absolue, qui ne mérite même pas l'appellation de navet ou de nanar, n'étant drôle à aucun moment. On ne ressent rien face à un tel déballage de crétinisme sinistre, hormis un sentiment de honte, voire de mort mentale. Consternant ! Note : 0/5.

Détective Dee – Le Mystère de la flamme fantôme, de Tsui Hark (20 avril 2011) : la bande-annonce était prometteuse. Le film l'est beaucoup moins. Souffrant d'un défaut permanent de lisibilité, aussi bien dans le déroulement de son scénario que dans l'exécution hystérique des combats, Détective Dee fait même preuve d'une certaine laideur (effets spéciaux ratés) et d'une incommensurable lourdeur (retournements de situation grotesques, risibles). Un paradoxe pour une œœuvre qui se prétend virevoltante. On est très, très loin de la grâce de Tigre et Dragon ou des chefs-d'œ’œuvre de Zhang Yimou (Hero, La Cité interdite, Le Secret des poignards volants). Une grande déception. Note : 1/5.

Animal Kingdom, de David Michôd (27 avril 2011) : la mise en scène est brillante, le scénario terrifiant (une famille de malfrats adepte de l'auto-préservation), les acteurs impressionnants, les innombrables effets de ralentis musicaux tétanisants. Mais ça traîne en longueur, surtout lors d'un dénouement interminable. Un film long et lent, qui finit par tomber narcissiquement dans la fascination de sa propre langueur. Si David Michôd avait opté pour une plus grande concision, son film aurait confiné au chef-d'œ’œuvre. Espérons que ce sera le cas pour sa prochaine réalisation, car cet auteur mérite d'être suivi. Note : 3/5.

animal kingdom

 

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25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 20:13

Never let me go, de Mark Romanek (2 mars 2011) : un bon film d'anticipation déguisé en drame humain déchirant. Une vision du futur aussi crédible que terrifiante, peut-être un peu trop lyrique dans son traitement et dans le jeu des acteurs. Andrew Garfield est saisissant de sincérité et de naturel, comme à son habitude. Certaines images du film nous hantent longtemps après la projection. Note : 3/4

never let me go

Sans identité, de Jaume Collet-Serra (2 mars 2011) : une arnaque totale, par le réalisateur d'Esther. Un scénario qui plagie sans vergogne celui de Frantic (la classe de Polanski en moins) et qui pille les rebondissements identitaires de Total Recall (la folie de Verhoeven en moins). Liam Neeson, dans son rôle le plus ridicule depuis Qui-Gon Jinn (le sabre-laser en moins), se couvre de honte, totalement à côté de ses pompes. Il y a vraiment des producteurs qui filent du fric pour ça ? Inquiétant... Note : 1/4

The Silent House, de Gustavo Hernandez (16 mars 2011) : un pseudo film d'épouvante d'une malhonnêteté à vous filer la nausée. Les sinistres auteurs de cette innommable daube ont en effet inventé la caméra subjective... fantomatique ! Puisqu'elle n'est portée par personne. Du foutage de gueule abyssal qui oublie carrément les bases les plus élémentaires du cinéma. Quand on ne sait pas ce qu'est la notion de point de vue, on devrait s'abstenir de faire des prises de vue. A bon entendeur... Note : 1/4

Ma part du gâteau, de Cédric Klapisch (16 mars 2011) : un bon film populaire descendu en flèche pour sa dimension caricaturale. Mais ne vivons-nous pas dans un monde totalement caricatural ? Les détracteurs de Klapisch semblent vivre dans les mêmes hautes sphères que le salaud incarné par Lellouche. Loin d'être un chef d'œ’œuvre, mais certainement pas mauvais, Ma part du gâteau reste un film attachant, auquel la formidable Karin Viard apporte une belle note d'humanité, à la fois drôle et touchante. Note : 2/4

ma part du gateau

World invasion : Battle Los Angeles, de Jonathan Liebesman (16 mars 2011) : techniquement, ça en jette, on en prend plein la vue face à presque deux heures de bourrinage ininterrompu dans des décors post-apocalyptiques de cauchemar. Mais quand on creuse un peu, on ne peut nier qu'il s'agit d'une catastrophe scénaristique (c'est presque aussi faible que le nullissime Battle Planet), aux personnages inexistants. La portée morale et idéologique se révèle infecte, entre patriotisme fascisant et célébration aveugle du courage militaire américain. Gerbant. Note : 1/4

Rango, de Gore Verbinski (23 mars 2011) : on attendait un vrai film d'aventure, aussi délirant et trépidant que pouvait l'être les trois premiers Pirates des Caraïbes. On assiste à l'un des spectacles les plus mous jamais réalisés. On s'ennuie ferme, c'est truffé de clichés, ça flirte en permanence avec le plagiat (hommage, mon œœil !), les personnages sont tout sauf attachants. Une pure démonstration de savoir-faire technique rendue totalement vaine et inutile par la vacuité qui l'habite. Une déception colossale ! Note : 1/4

The Company Men, de John Wells (30 mars 2011) : un film touchant sur la crise de l'emploi américaine, porté par l'interprétation solide de tout son casting (même Ben Affleck paraît moins fade que d'habitude). C'est un peu long, parfois mou du genou, mais d'une sincérité indéniable, avec même une belle note d'espoir finale. Note : 2/4

the company men

 

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