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31 juillet 2012 2 31 /07 /juillet /2012 20:55

the dark knight rises

À en juger par la pléthore de critiques mitigées, voire franchement déçues, s'acharnant sur de soi disant défauts de construction et sur le caractère conventionnel du film, The Dark Knight Rises ne serait que la conclusion en demi-teinte de la trilogie initiée en 2005 par Christopher Nolan, un blockbuster sans âme, juste une super-production de plus parmi la fange hollywoodienne actuelle. Face aux attentes proprement délirantes et souvent incompréhensibles suscitées par la sortie du film, débouchant sur des critiques faisant fi de toute analyse, rechignant par avance à s'aventurer sous le vernis du théâtral, force est de constater que The Dark Knight Rises – et plus largement la trilogie à laquelle il appartient – souffre avant tout d'une mauvaise catégorisation. Considérons donc, pour commencer, ce nouveau volet de la saga Batman pour ce qu'il est vraiment : un film d'action, une fresque spectaculaire, un pur spectacle audio-visuel. Plus encore que dans son Batman Begins ou dans son Dark Knight, Nolan se lance vaille que vaille sur la ligne claire d'un scénario s'articulant autour des notions opposées mais complémentaires de la destruction et de la reconstruction, ou plutôt l'espoir d'une possible reconstruction.

Huit années se sont écoulées depuis l'exil forcé du Batman. Reclus dans les cimes de son manoir, Bruce Wayne vit dans l'ombre d'un passé qu'il veut fuir, un passé qui s'accroche pourtant tel un goudron existentiel aux fragments de son âme disloquée, perdue. Jusqu'à l'avènement ravageur de Bane, terroriste machiavélique servant la cause de la Ligue des Ombres, prêt à tout pour anéantir Gotham. Jusqu'à sa confrontation avec Selina Kyle, voleuse d'élite aussi sournoise qu'insaisissable qui causera autant sa perte que son retour fracassant parmi les vivants. S'il est un thème auquel s'attache The Dark Knight Rises, avec autant d'obsession que de désespoir, c'est bien celui de la brisure, de la fêlure. Graphiquement d'abord, à travers la représentation âpre et réaliste de l'apocalypse urbaine que subit Gotham (montage parallèle saisissant montrant l'effondrement d'un stade en même temps que la destruction méthodique de quartiers entiers de la ville), mais également dans la construction de chaque protagoniste : mélancolie, affres de l'âge et d'un mode de vie trop rude pour Batman, blessure faciale mystérieuse dissimulée sous un masque pour Bane, névrose et cleptomanie chez Selina Kyle, poids du passé chez Miranda Tate (Marion Cotillard, pas aussi mauvaise qu'on le prétend). Néanmoins, Nolan ne limite pas sa vision de la brisure au seul cadre diégétique de sa fresque, il va jusqu'à l'ériger en esthétique constitutive, dans un souci permanent de ne jamais séparer le fond et la forme de son œuvre. Ainsi le caractère abrupt voire brutal du montage, souvent jugé à tort comme une baisse de régime visuelle, vient épouser parfaitement les écorchures des personnages, tout comme le chaos qui ébranle les fondations de Gotham.

The Dark Knight Rises se donne à voir avant tout comme un spectacle, mais en atteignant des cimes fascinantes de noirceur grandiose lorsqu'il s'adonne à la mutilation de ce spectacle même. La grandeur des séquences d'action, mises en scène avec un indéniable brio, ne vient pas d'une quelconque outrance, d'une quelconque dimension pompière. Sous le masque trop évident d'une théâtralité pourtant assumée, le spectacle nous grise d'une manière paradoxale, par son caractère estropié, à l'image de son héros vieillissant que la puissance de Bane vient presque achever. L'héroïsme dans The Dark Knight Rises n'est jamais posé comme une certitude, il s'affiche comme une valeur à reconquérir. Hanté par une angoisse maladive de l'échec et de la mort, rythmé par d'incessants mouvement de chutes et de douloureuses élévations, le film de Nolan se révèle, contre toute attente, porteur d'une poignante humanité. Moins aérien que ses prédécesseurs, The Dark Knight Rises est un spectacle de la pesanteur, comme graphiquement rivé au sol, au bitume défoncé de Gotham, ainsi qu'à ses personnages. En les jetant ensemble au fond de l'arène crépusculaire d'une fin de monde annoncée, Nolan filme la confrontation de ses trois protagonistes comme un combat malade de bêtes farouches. Batman, représenté comme un loup blessé sous un masque de chauve-souris, se voit tourmenté à la fois par l'aura féline de Selina Kyle (Anne Hathaway, magnifiquement dirigée) et la brutalité sans limites de Bane, véritable créature de cauchemar, monstrueuse montagne de muscles évoquant un molosse enragé (son masque ressemble à une muselière). L'issue de leur affrontement, d'une amertume peu commune pour un blockbuster d'action, vient confirmer l'une des obsessions typiques du cinéma de Nolan, à savoir l'aspiration (toujours contrariée) à une autre vie, une certaine forme de rédemption que cherchait déjà désespérément les personnages de Memento, Insomnia et du Prestige.

The Dark Knight Rises parvient in fine à renouveler voire dépasser cette préoccupation en adoptant son axe thématique le plus beau, celui de la filiation et de la paternité. L'intrigue, hantée par des fragments de Batman Begins, revient au traumatisme, à la fracture originelle de toute la saga : la perte de la figure paternelle. Dans cette optique, le combat livré par Batman prend tout son sens, tant au niveau narratif qu'au niveau symbolique. S'il veut sauver la ville qui l'a vu naître des agissements destructeurs de Bane, c'est dans le but de préserver la seule attache tangible qui le relie à ses parents. Plus que de l'héroïsme, c'est un sentiment bien humain qui pousse l'homme chauve-souris à défendre son territoire de l'anéantissement, une énergie du désespoir qui se traduit à l'écran par un conflit plus triste que violent, au caractère épique délité, à la limite de l'impuissance. Ainsi, contre toute attente, Nolan montre que même la plus impénétrable des brutes peut pleurer... Clôturant sa trilogie par une superbe scène muette, presque onirique, dont la puissance d'évocation résonne à l'unisson avec le thème composé par Hans Zimmer, et qui redonne tout son sens à la notion d'héritage, le cinéaste anglais scelle en beauté le destin de son chevalier noir. Un spectacle âpre et rugueux, tumultueux, désespéré mais fou d'espoir, terriblement humain sous sa carapace de super-production, un divertissement de haute volée comme on aimerait en voir plus souvent.

4sur5

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9 juillet 2012 1 09 /07 /juillet /2012 15:57

amazing spider man

La folie mercantile hollywoodienne ne connaît aucune limite. Symptôme d'une non créativité aussi maladive que dictatoriale, la sortie en grande pompe de The Amazing Spider-Man vient se poser comme un nouvel engrenage dans les entrailles pourrissantes d'une machine commerciale immonde et cynique, laquelle, incapable de la moindre étincelle d'innovation, se goinfre sans vergogne de préquelles, séquelles et autres remakes aussi appauvrissants qu'assassins vis à vis des œuvres originelles. Si l'on a pu se réjouir d'une petite poignée de reboots réussis (Casino Royale, Star Trek, Batman Begins), force est de constater que le désir actuel d'Hollywood de revenir aux origines de (presque) tous ses films cultes est une insulte artistique absolue, d'un didactisme effrayant, d'une prétention scandaleuse et insensée.

Se plaçant haut la main parmi les adaptations Marvel les plus désastreuses, The Amazing Spider-Man vient confirmer la triste tendance. Spectacle sans chair ni âme, sans tempo ni intérêt dramatique, dépouillé de toute identité visuelle, les nouvelles aventures de Peter Parker parviennent en seulement deux heures de supplice audio-visuel à souiller la mémoire des films de Sam Raimi. Exit le héros magnifiquement gauche incarné par Tobey Maguire, exit les thèmes musicaux puissants signés Danny Elfman, exit les chorégraphies aériennes vertigineuses et les combats homériques défiant les lois de la gravité, exit la représentation de New York comme un personnage urbain à part entière... Place à une trivialité et une lourdeur de tous les instants, place à un adolescent banal, rebelle de pacotille (capuche et skateboard en prime...) frappé d'exhibitionnisme identitaire (j'enlève mon masque pour un oui ou pour un non, même en public !), incarné par un Andrew Garfield cabotin (un comble !). Place à un scénario débile et monstrueusement prévisible (torchon écrit à trois mains !) dont les soi-disant zones d'ombre prêtent autant à rire que ses innombrables et insupportables facilités (le méchant découvre notamment la double identité de Spider-Man en lisant « Property of Peter Parker » sur une étiquette collée au dos d'un appareil photo appartenant au jeune homme...). Place à un montage approximatif dopé aux faux raccords, qui pulvérise littéralement par son caractère épileptique la lisibilité des (trop rares) scènes d'action. Viennent s'ajouter à cette piteuse déroute une absence totale de rythme débouchant sur un ennui abyssal et une musique d'accompagnement sans thème marquant (pourtant signée James Horner !), aussi insipide et oubliable qu'une sauce allégée industrielle.

Naufrage filmique d'autant plus déplorable et honteux que son budget s'élève à 215 millions de dollars (mais à quoi tout ce fric a-t-il bien pu servir ?), The Amazing Spider-Man, avec la même fierté arrogante que celle de son héros, vient dégueuler sur nos rétines un déluge infect d'effets spéciaux bâclés (ratage total du Lézard, plus grand-guignolesque que menaçant), doublé de prises de vue subjectives hideuses (lors des déplacements de l'homme araignée) que même les pires créateurs de jeux vidéo pourraient renier. Vendu à tort comme une version plus réaliste et plus humaine que celle de Sam Raimi, cet accablant tour de montagnes russes pour gamins attardés ne parvient jamais à nous toucher, car vidé – justement – de toute substance humaine. Pratiquement dépourvu de gros plans et handicapé par sa direction d'acteurs lamentable, le film nous laisse au seuil de son intrigue.

Dans un mouvement perpétuel de superficialité, tout est survolé, effleuré, aucun registre, aucune tonalité n'étant pleinement assumée : dépouillée de tout sentiment, la mort de l'oncle Ben (poignante chez Raimi) se voit ainsi expédiée, tout comme la transformation et les nouveaux pouvoirs de Peter (trop facilement et rapidement assumés). Ponctuée de gags aussi involontaires que grotesques (les téléphones portables captent à 20 mètres sous la terre, Peter endeuillé faisant mumuse avec l'assassin de son oncle, le Lézard se construisant une station de travail hi-tech en moins d'une nuit...), la réalisation fait montre d'une incompétence exponentielle à mesure que les séquences kitsch s'enchaînent (combats sans coups portés, retournement de veste incongru du méchant...), allant jusqu'à conclure le film par une image improbable héritée de la trivialité des pires nanars ruraux : Peter rapporte à sa tante une boîte d’œufs, qu'il avait oublié de lui acheter quelques scènes plus tôt... Voilà à quoi tient désormais la fameuse responsabilité qui repose sur les épaules d'un super-héros. Mais non content de confondre l'humain avec l'anecdotique, le banal – et c'est là que The Amazing Spider-Man atteint les tréfonds d'une médiocrité présomptueuse – Marc Webb (décidément bien mal nommé) s'octroie le droit extravagant de tutoyer les références du cinéma de genre : Jurassic Park, insulté par une paire de répliques faiblardes, qui plus est totalement uchroniques, ainsi que le plagiat de l'une de ses scènes phares (l'assaut d'une cuisine par des vélociraptors), mais aussi Blade Runner, dont Webb se permet le luxe écœurant de rejouer (sans envergure aucune) la scène légendaire du sauvetage de Harrison Ford par Rutger Hauer. Tenter de jouer dans la cour des grands avec une inconscience répugnante vis-à-vis des modèles, alors que l'on est incapable de donner le moindre souffle à la moindre image animée, en essayant de compenser l'absence de talent par des montagnes de dollars, voilà l'adage, la règle d'or de l'actuel cinéma hollywoodien. Mais qu'attend donc la crise économique pour s'abattre sur les studios américains ?

wcc

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1 mai 2012 2 01 /05 /mai /2012 18:16

The Avengers

Le défi paraissait presque impossible. Après les suites décevantes de franchises moribondes signées Marvel (Iron Man 2, L'Incroyable Hulk) et quelques opus aussi sympathiques que frustrants (Captain America, Thor), comment en réussir la synthèse au sein d'un seul et même long métrage ? Comment donner un second souffle à un univers graphique jusqu'à présent effleuré, timidement illustré lors de ses innombrables passages au cinéma ? La solution adoptée par Joss Whedon est radicale : faire un bon vieux film à l'ancienne. Exit le cynisme en vogue et la faiblesse de caractère des blockbusters actuels, le père de Buffy contre les vampires nous livre avec Avengers un véritable chef-d’œuvre de divertissement, un objet de plaisir audio visuel absolu, tellement jubilatoire qu'on se croirait littéralement revenu au temps béni des Last Action Hero et autre Cinquième Élément. Un temps où le cinéma populaire savait encore nous transporter.

Construit sur le principe toujours diablement efficace du « Mac Guffin » (un objet de grande valeur convoité par différents actants), le scénario des Avengers gravite autour de la possession d'un artefact cosmique, le Tesseract, renfermant une source de puissance infinie. Nick Fury (Samuel L. Jackson), directeur d'une agence de sécurité internationale (le S.H.I.E.L.D.), tente de rassembler en catastrophe une équipe de super-héros afin de récupérer le Tesseract, dérobé par Loki (dieu d'Asgard et frère de Thor) dans le but d'asservir l'humanité. L'intrigue, si elle paraît simple en apparence, gagne en complexité en retardant sans cesse son enjeu majeur, en refusant de prendre pour point de départ une évidence, à savoir la réunion des différents héros. Cette réunion, sans cesse différée par des conflits d'ego (narcissisme de Tony Stark, réserve de Bruce Banner, soif de justice de Captain America, obsession du contrôle de Nick Fury...) ou par la malveillance de Loki qui cherche à les diviser, devient sous la plume de Whedon une véritable problématique, un moteur dramatique paradoxal déployant une montée en puissance implacable sur toute la durée du film.

En faisant de la création épineuse de sa dream team le nerf et la destination de sa narration, Whedon orchestre avec un sens du rythme inouï un spectacle virevoltant où les morceaux de bravoure comme les accalmies s'enchaînent idéalement, au gré d'un montage à la fluidité renversante. Démarrant sur les chapeaux de roues par une séquence apocalyptique qui nous rappelle allègrement le finale de la série Buffy, pour s'achever sur une bataille épique alignant des plans séquences sidérants de dynamisme et des tableaux pétrifiants de grandeur, Avengers s'impose d'emblée comme l'adaptation la plus impressionnante et la plus jouissive de l'univers Marvel. Conscient des limites des précédents opus adaptés (X-Men, Daredevil, Hulk, Les Quatre Fantastiques...), Whedon semble guidé à la fois par la volonté de nous offrir la pleine mesure des super-pouvoirs de ses protagonistes et celle d'en livrer une vision résolument personnelle. Adoptant la distance parfaite vis-à-vis de son sujet, Whedon fait montre d'une aisance graphique et d'une liberté de ton proprement réjouissantes, ne refusant jamais la désacralisation quand elle lui permet de nous rendre tel ou tel héros plus attachant. Traversé par un festival de répliques ciselées, un sens de l'humour cartoonesque et un second degré ravageur n'occultant point pour autant certaines questions de fond plutôt inquiétantes (l'engrenage paranoïaque gangrenant l'Amérique actuelle, la soif de pouvoir, l'autonomie et la folie meurtrière des organismes militaires...), Avengers nous délecte à la fois par sa décontraction assumée et sa maîtrise formelle incontestable.

Non content de se placer avec jubilation au croisement du film d'action à l'ancienne et du space opera, le film de Joss Whedon se paie le luxe d'une réelle beauté visuelle toujours au service de sa construction dramatique en crescendo : les scènes liminaires, baignées dans les ombres effrayantes d'une interminable nuit de cauchemar, laissent place à un spectacle de plus en plus lumineux, jusqu'à un affrontement final résolument solaire, ne nous laissant perdre aucune miette d'une action titanesque lancée contre un bestiaire maléfique à la splendeur ténébreuse. Une beauté plastique de tous les instants, reposant également, en grande partie, sur le glamour imparable d'une inoubliable galerie d'acteurs qui se partagent l'affiche sans jamais se dévorer les uns les autres. Car, s'il joue à la manière d'un enfant, à travers un regard simultanément émerveillé et amusé, avec les figures illustres de l'écurie Marvel, Whedon témoigne en permanence de sa passion sans bornes pour les comics, donnant aux héros de sa jeunesse leur lustre et leur puissance originels, prenant ainsi au pied de la lettre l'expression « personnages hauts en couleurs ». Dans un respect total vis-à-vis de son matériau graphique, le père de Buffy dépeint avec brio des caractères forgés non pas en profondeur (et c'eût été une grossière faute de goût que de verser dans une quelconque épaisseur psychologique...), mais grâce à un art de la surface jamais superficiel, un art de la forme immédiate, un art du spectacle fédérateur dans sa simplicité, à la portée de tous. Avec ses Avengers, Whedon concrétise un rêve d'enfant en même temps qu'un divertissement de rêve ; une fresque ambitieuse, grandiose et décomplexée, renouant avec le pouvoir d'enchantement du grand cinéma populaire. Vivement la suite !

4sur5

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7 juin 2011 2 07 /06 /juin /2011 01:37

x-men le commencement

Depuis que Bryan Singer avait quitté le navire, la saga X-Men s'était enlisée dans une médiocrité malheureuse. La suite directe des deux premiers volets, L'Affrontement final, signée Brett Ratner, s'était présentée comme un film bancal et maladroit, tout juste sauvé par une paire de scènes fracassantes (le déchaînement du Phénix noir, le détournement du Golden Gate par Magneto), tandis que la préquelle X-Men Origins : Wolverine s'était littéralement vautrée dans une fange cinématographique digne des pires nanars d'action. Reprise en main par Bryan Singer en personne, au poste de scénariste, et par le cinéaste anglais Matthew Vaughn (ami de longue date de Guy Ritchie), à qui l'on doit les excellents Layer Cake, Stardust et Kick-Ass, la franchise reprend enfin du poil de la bête, en nous plongeant dans ses origines pour notre plus grand bonheur, avec un panache, une énergie dignes du mémorable Star Trek de J.J. Abrams.

Renouant avec les éléments fondamentaux de la saga, X-Men : Le Commencement reprend exactement là où démarrait le tout premier film de Bryan Singer, presque plan pour plan : le jeune Magneto séparé de ses parents par les nazis, dans un camp de la mort, où il fait une première démonstration, bien malgré lui, de son pouvoir sur le métal. La scène, d'abord familière, filmée en plongée, change alors de point de vue sans crier gare, grâce à un plan en contre-plongée révélant un nouveau personnage central : Sebastian Shaw, incarné par Kevin Bacon, véritable « créateur » maléfique de Magneto. La jeunesse douloureuse de ce dernier, se construit en contre-point à la jeunesse « dorée » de Charles Xavier, gamin surdoué et télépathe, livré à lui-même dans le gigantesque manoir qui deviendra plus tard sa fameuse académie de mutants. Le scénario du nouvel X-Men, c'est l'histoire de ces deux êtres solitaires dont les destins finiront par se croiser à travers une quête en apparence commune : faire accepter leur différence et celle de leurs confrères mutants.

Une histoire simple, mais terriblement attachante, fascinante, voire bouleversante dans son humanité paradoxale. Épurée au maximum afin d'éviter toute digression inutile, l'intrigue s'attache presque uniquement à dépeindre les rapports d'abord amicaux, puis tragiquement hostiles, entre Xavier et Magneto, duo magnifique, incarné avec justesse et force par les épatants James McAvoy et Michael Fassbender. L'alchimie qui se dégage de leurs personnages éclate à chaque plan, sans pour autant occulter une formidable galerie de personnages secondaires  : le terrifiant Sebastian Shaw, incarné par le toujours excellent Kevin Bacon, le précieux agent de la C.I.A. Moira MacTaggert (magnifique Rose Byrne), la glaçante Emma Frost (sensuelle January Jones) et toute une équipe de jeunes mutants sympathiques, de Havok à Darwin, en passant par The Beast, Banshee et Angel.

Mais le véritable pivot émotionnel et humain du film, malgré sa monstruosité physique, réside dans le personnage de Mystique, superbement interprété par la jeune Jennifer Lawrence, qui se voit offrir un rôle majeur dans l'évolution des rapports entre Xavier et Magneto : la soeur surprotégée et complexée qu'elle représente pour le premier va connaître un bouleversement existentiel en se rapprochant du deuxième, qui lui apprend peu à peu à s'assumer telle qu'elle est. On revient là à une question fondamentale, en phase avec les thématiques posées par X-Men, que les stupides Affrontement final et Wolverine avaient totalement éclipsée, à savoir celle de la différence, de l'acceptation ou du rejet de l'autre. Un questionnement légitime, très actuel, qui permet au film de trouver un ciment narratif puissant quand l'action finit par se poser, à travers une série de dialogues poignants, toujours très bien écrits et portés par le jeu constamment inspiré des acteurs.

Le spectacle offert par Vaughn est un pur plaisir cinéphile de chaque instant, qui plus est pimenté par une impressionnante batterie de guest-stars, seconds couteaux fameux d'Hollywood ou d'ailleurs, la plupart rescapés des précédents métrages de Vaughn et de son compère Guy Ritchie : Michael Ironside (peau de vache devant l'éternel chez Paul Verhoeven), Rade Sherbedgia (l'inoubliable Boris le Hachoir de Snatch), Jason Flemyng (figure incontournable du cinéma de Vaughn et Ritchie), Glenn Morshower (l'inénarrable Aaron Pierce de 24 heures chrono), James Remar (désormais célèbre sous les traits de Harry Morgan, le père de Dexter, dans la série éponyme), ou encore Ray Wise (le cultissime Leland Palmer de la série Twin Peaks). On a même droit à une apparition de la plantureuse Rebecca Romijn-Stamos (la Mystique des premiers films) et un caméo mémorable de Hugh Jackman, qui reprend la veste en cuir, les griffes et les favoris de son personnage culte, le temps d'une réplique vacharde, jubilatoire.

S'il excelle dans la peinture de ses personnages, grâce à une direction d'acteurs impeccable, X-Men : Le Commencement se révèle également excitant dans sa mise en images, s'attachant à mettre en lumière les origines de la saga, sans jamais verser dans l'explication facile, ni le bavardage. On assiste en effet à un formidable film d'aventures à la reconstitution historique effarante, transcendé par des scènes d'action fracassantes, d'une beauté et d'une intensité à couper le souffle. Quand Magneto et ses compères se déchaînent, on n'est pas loin de l'orgasme audio-visuel. Trouvant une tonalité parfaitement équilibrée entre la légèreté et la gravité qui déchiraient les années 60 (libération des mœœurs / crise des missiles de Cuba), ce nouvel opus, dirigé de main de maître par Matthew Vaughn, propose une vision uchronique de la Guerre froide, mêlant avec intelligence et amusement la fiction et l'Histoire. S'inscrivant dans une veine plus réaliste que ses prédécesseurs, le film s'affirme aussi comme le plus délirant, se jouant d'une époque et de ses tensions avec un œœil malicieux.

Nimbé d'une esthétique délicieusement rétro, cet X-Men se déguste comme un cocktail divertissant composé d'un florilège de genres, allant de l'action au film d'espionnage en passant par la science-fiction et la fresque guerrière. Servi par des effets spéciaux élégants qui n'étouffent ni l'intrigue, ni les personnages, c'est un vrai morceau de cinéma à l'ancienne, d'une incroyable densité graphique et narrative, couronné par un finale déchirant, que nous propose Matthew Vaughn, venant ainsi à la fois redorer le blason d'une saga qui se mourrait, et rehausser le niveau d'une bien pauvre année cinématographique. Un réalisateur aussi doué, honnête et généreux que lui, mérite bien tout notre soutien de spectateurs et cinéphiles. Après les surprenants Stardust, Kick-Ass et X-Men : Le Commencement, on attend ses prochains projets avec impatience, en lui souhaitant de persévérer dans la belle voie qu'il a choisi d'arpenter. Quand les Anglais viennent sauver Hollywood avec autant de classe, on en redemande !

4,5sur5

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6 mai 2011 5 06 /05 /mai /2011 22:30

thor

Les meilleurs films de super-héros sont en général l'œ’œuvre de réalisateurs talentueux : Christopher Nolan a littéralement réinventé Batman, Sam Raimi a fait de Spider-Man une saga spectaculaire très attachante, Bryan Singer nous a fascinés avec sa relecture des X-Men, Matthew Vaughn nous a livré une pure bombe de divertissement avec Kick-Ass (espérons que ce soit encore le cas avec le prochain X-Men : First Class). La tendance se confirme avec l'adaptation de Thor par Kenneth Branagh. Très en phase avec son univers shakespearien de prédilection, l'intrigue de Thor lui permet de mettre en scène la déchéance puis la rédemption d'un dieu qui a trahi son père et tous les siens par son ambition et son arrogance dévorantes. Exilé sur Terre et privé de ses pouvoirs cosmiques par Odin, Thor va donc apprendre sur le tas une sacrée leçon d'humilité, tandis que son frère va s'emparer du trône qui lui est destiné.

S'il y a bien du Shakespeare dans cette nouvelle adaptation issue des studios Marvel, à travers la peinture des relations filiales et fraternelles, Branagh n'en reste cependant pas prisonnier, il s'en sert habilement afin de démarquer son film des habituelles productions hollywoodiennes du même genre misant tout sur la surenchère d'action et d'effet spéciaux. Ici, l'action se déploie intelligemment, à point nommé, jamais hystérique et même porteuse d'une singulière beauté. Les décors d'Asgard, la cité des dieux, sont grandioses, offrant un contre-point presque onirique aux scènes terrestres, forcément en retrait. En retrait, mais seulement sur le plan esthétique, car elles ne sont certainement pas dépourvues d'intérêt. Branagh leur donne une dimension comique et décalée, négatif burlesque de la solennité tétanisante d'Asgard. Le film, construit sur une implacable montée en puissance, joue sur les deux plans avec une aisance et une fluidité confondantes. Le montage, moins binaire qu'il n'en a l'air, épouse le va-et-vient incessant entre les deux mondes, celui des dieux et celui des hommes, avec une belle intensité dramatique. On se laisse ainsi entraîner dans la quête de Thor, qui cherche désespérément à récupérer la source de son pouvoir : son fameux marteau enchanté. Pour y parvenir, le dieu déchu devra compter sur l'aide de Jane, astro-physicienne, incarnée par une Natalie Portman à la fois vulnérable, dépassée par les événements extraordinaires auxquels elle assiste, et inébranlable dans sa volonté aveugle de trouver des réponses. Elle incarne, dans sa banale humanité, la mesure qui fait tant défaut à Thor. Quant au reste du casting, Kenneth Branagh, habitué des drames shakespeariens, ne néglige aucun personnage, malgré l'ampleur de leur galerie. Chris Hemsworth joue parfaitement son rôle de jeune dieu inconscient et arrogant, Anthony Hopkins impressionne dans le costume d'Odin, Tom Hiddelstone donne à Loki un double visage assez troublant, à la fois angélique et malveillant. Même Heimdall, le gardien du portail céleste d'Asgard (interprété par le monolithique Idris Elba), a droit à des répliques savoureuses, insolentes, et à son quart-d'heure de gloire.

Truffé de clins d'œ’œil à l'univers Marvel (allusions amusantes à Tony Stark, apparition d'Oeil de Faucon, caméo post-générique de Samuel L. Jackson dans la peau de Nick Fury), Thor sait se montrer spectaculaire, grâce à des effets visuels d'une beauté irréelle : les séquences dans la cité des dieux ou les affrontements sur la planète de glace Jotunheim ressemblent littéralement à des rêves éveillés. Les effets spéciaux, délicieusement rétro mais toujours maîtrisés (respectant ainsi l'esthétique du comic écrit dans les années 60), n'occultent en rien la puissance cosmique et dévastatrice de ses protagonistes divins. Le prologue guerrier sur Jotunheim, une séquence de combat suicidaire contre les Frost Giants, l'intervention destructrice d'un colosse métallique cracheur de feu ou le duel final opposant Thor et son frère Loki, offrent de beaux morceaux de bravoure, que la musique de Patrick Doyle vient renforcer de ses grands accords épiques.

Maîtrisant son film de bout en bout, autant dans le spectacle que dans l'intime, autant dans le comique (jamais ridicule) que dans le solennel (jamais pompeux), Kenneth Branagh nous livre un divertissement de grande classe, teinté de tragédie shakespearienne, honorant à la fois le matériau qu'il adapte et les néophytes. Ne boudons pas notre plaisir, ici pleinement permis, d'autant plus que Thor, original et savoureux, ne ressemble à aucun autre film de super-héros. Dans la famille des adaptations Marvel, il fait sans doute déjà figure d'au-Thor-ité !

3,5sur5

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1 mai 2010 6 01 /05 /mai /2010 02:12

Iron-Man-2-Whiplash

Iron Man 2 commence là où finissait le premier opus : Tony Stark révèle au monde sa double vie de super-héros. Lui et son armure ne font qu'un. Il subit alors les pressions du gouvernement américain, qui convoite son invention, et le désir de vengeance d'un obscur scientifique russe, dont le père a été victime de la famille Stark par le passé. Que Tony, le milliardaire narcissique et cardiaque, expose son identité héroïque constituait un bon dénouement pour le précédent épisode. C'est tout le scénario du second volet qui est basé sur cette révélation et c'est là, peut-être, sa plus grande faiblesse.

Tout étant déjà dit, l'intérêt dramatique est au plus bas dès les premières minutes. Pire, on reprend les mêmes ingrédients et on recommence : ainsi, le combat final contre le méchant russe Ivan Vanko en armure indestructible (Mickey Rourke, sous-exploité) est un simple copié-collé de l'une des dernières scènes de l'épisode précédent, qui opposait Robert Downey Jr et Jeff Bridges. Le scénario se construit selon un schéma binaire lassant, alternant scènes atrocement bavardes aux dialogues épileptiques et scènes d'action bâclées offrant, via un festival d'effets spéciaux certes impressionnants (signés ILM), une débauche de spectaculaire gratuit à la limite du supportable. Faire tout sauter et pousser le caisson de graves jusqu'au délire n'ont jamais fait un bon film d'action.

Iron Man 2 souffre d'un montage schizophrène, où le bavardage l'emporte haut la main. Le film se cherche sans jamais trouver son identité, ce que son prédécesseur avait plutôt bien réussi. Ici, les scénaristes semblent hésiter constamment entre raconter la suite des aventures de Tony Stark et installer l'intrigue des Vengeurs. Résultat : la sauce ne prend jamais. L'épopée de l'homme d'acier devient trop superficielle, oubliant totalement ses seconds rôles, simplifiant à outrance la psychologie et les questionnements de son héros, s'abandonnant à une vaine surenchère pour tenter de faire oublier ses lacunes. Quant à l'annonce du projet des Vengeurs, elle ne repose que sur les apparitions anecdotiques de Nick Fury (Samuel L. Jackson) et la maigre présence de la Veuve Noire (Scarlett Johansson), limitée à quelques courts dialogues et une scène de combat vite expédiée (comme toutes les scènes de combat du film). Un casting de haut vol honteusement gâché.

Seules la mise en scène, plutôt dynamique, et l'ironie, plus présente que jamais, parviennent à donner une certaine efficacité à un ensemble qui ne restera qu'une longue bande-annonce du prochain film consacré aux Vengeurs. Pas aussi mauvais que le récent Choc des titans, mais pas impérissable. Pour retrouver un vrai plaisir de cinéma, retournons voir le formidable Kick-Ass, sorti une semaine plus tôt. Moins de moyens, mais quelle audace et quelle inventivité ! Espérons que Les Vengeurs se révèlera plus fracassant que les films qui l'annoncent...

2sur5

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23 avril 2010 5 23 /04 /avril /2010 06:02

KICKASS

Un ado solitaire qui rêve de devenir un super-héros, une gamine de onze ans transformée en machine à tuer par son vengeur de père, le fils d'un parrain de la pègre qui veut suivre les traces de son paternel malfaisant... Des humains (presque) ordinaires, justiciers costumés à leurs heures, qui se croisent pour le meilleur comme pour le pire dans un univers décadent régi par la loi du plus fort, miroir à la fois décalé et terrifiant de notre propre société. Si Kick-Ass fait mouche, c'est parce qu'il est crédible. Les personnages, plongés dans le chaos du monde, victimes tragiques de son absurdité, n'ont jamais été aussi accessibles, attachants. Rarement l'identification aura été autant poussée dans un film de super-héros. Parce qu'il n'y a justement aucun super-héros. Les fameux costumes ne sont que des masques-miroirs dissimulant des failles bien humaines, du mal-être de l'adolescent à l'impossible deuil d'un père mû par le désir de venger la mort de son épouse, au point d'initier sa fillette aux arts du combat.

S'il est ultra-violent, Kick-Ass ne fait cependant pas l'apologie de la barbarie. L'agression se double toujours d'un questionnement malade : comment peut-on en arriver à confier les armes à une enfant ? La montée de la violence nous poussera-t-elle à de telles monstruosités ? C'est ce que suggère la confrontation entre Big Daddy (Nicolas Cage, déjanté et effrayant) et un collègue policier, qui lui rappelle que sa bouchère de fille n'a que onze ans, qu'elle mérite une enfance insouciante. Derrière son humour noir décapant, Kick-Ass dépeint avec amertume le pourrissement déjà très avancé de l'innocence dans nos sociétés. La manière est un peu outrée, mais porteuse d'une inquiétante vérité. Injustement annoncé comme un simple film de geeks, pour ados attardés, le film de Matthew Vaughn pose de vraies questions de fond, extrêmement troublantes.

Mais Kick-Ass n'est pas seulement brillant sur le fond. Visuellement impressionnante, photographiée avec une élégance folle, montée avec une fluidité exemplaire, cette fresque déjantée s'autorise des envolées épiques d'une rare intensité, renvoyant au placard Spider-Man et ses pairs. La tentative de sauvetage de Big Daddy par sa fille (alors qu'il est pris en otage) est un pur morceau de bravoure, une tuerie audio-visuelle, un carnage stroboscopique au ralenti transcendé par un puissant morceau musical de John Murphy. Grandiose ! Une scène d'anthologie qui annonce un finale tout aussi fracassant. L'intensité tétanisante de ces explosions d'action trouve un parfait contre-point lors de scènes comiques irrésistibles, d'une liberté de ton inhabituelle (donc bienvenue), entre humour noir et délire trash. Une légèreté ambigüe qui repose sur le jeu des acteurs, parfaitement dans le ton : Aaron Johnson incarne un Kick-Ass immédiatement sympathique, effrayé et excité par le tournant inattendu que prend son existence lorsqu'il enfile son costume ; Mark Strong excelle dans son rôle de méchant aussi intimidant que risible ; Chloe Moretz confère à Hit-Girl une personnalité qu'on n'est pas près d'oublier, elle devient en à peine deux heures une icône nouvelle, une figure déjà culte de gamine exterminatrice à la fois redoutable et fragile, sanguinaire et innocente.

Pas très moral de faire endosser un tel rôle à une enfant, disent certains médias américains. Ils n'ont décidément rien compris au pouvoir de vision du cinéma, cette capacité de projeter les images les plus dérangeantes sur l'écran de nos rêves et de nos pires cauchemars. Hit-Girl est l'allégorie désenchantée d'une jeunesse mutilée. Au lieu d'y voir un objet de scandale, il serait peut-être temps d'élever nos enfants avec le respect qu'ils méritent. Pour éviter d'en faire des monstres. Par-delà ses qualités esthétiques et ses dehors irrévérencieux, Kick-Ass est porteur d'une morale, certes paradoxale, mais juste. Un film de super-héros jubilatoire et fascinant !

4,5sur5

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16 mars 2010 2 16 /03 /mars /2010 01:06

20

Une déception aussi colossale qu'était l'attente de ce film. La bande-annonce laissait présager des scènes bien mouvementées, d'une incroyable beauté... des scènes efficaces bien présentes dans le film, mais à seulement deux ou trois reprises sur près de deux heures. C'est mince !

D'autant plus que le reste est navrant : le personnage éponyme n'est que le fantôme de lui-même. A la place de la bête assoiffée de sang que nous connaissons, on nous offre un gentil toutou rongé par des principes humains qui ne devraient même pas effleurer sa carapace de monstre. Pourquoi chercher à humaniser ce qui ne l'est pas ? Grossière erreur, emblématique de l'insurmontable difficulté que rencontre l'industrie hollywoodienne à se défaire de l'image niaisement manichéenne du monde qu'elle propose et rabache depuis des décennies. Le personnage de Wolverine est ici insipide, contrairement à celui de Bryan Singer, admirable d'ambiguïté et pourtant incarné par le même acteur (qu'on sait capable du meilleur depuis The Fountain). Et les autres comédiens sont d'une fadeur à mourir d'ennui, y compris l'ordure vicieuse que Stryker aurait dû être, et qui l'était sous le règne de Bryan Singer, en la personne du fabuleux Brian Cox.

Quant au scénario, si maigre qu'il pourrait tenir tout entier sur le dos d'un timbre poste, il accumule coupes et incohérences monstrueuses avec une frénésie à la limite du supportable. Chuck Norris, avec ses rôles de bourrin américain enragé, nous faisait bien rire. Notre nouveau Wolverine, lui, cherche à repousser toujours plus loin les limites du bourrinage "made in usa", mais avec le sérieux d'un pape constipé. Dommage... Un vent de folie, de délire, l'aurait peut-être sauvé du naufrage. En deux mot, un film plombé par une surenchère qui le dévore parce qu'il ne la contrôle pas, englué dans l'ombre des X-Men de Bryan Singer auquel il tente, en vain, de se raccrocher. Une suite est déjà prévue. Espérons qu'elle ne répètera pas les mêmes faux pas...

1sur5

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