« Le cinéma, c'est comme l'amour. Quand c'est bien, c'est formidable. Quand c'est pas bien, c'est pas mal quand même. » George Cukor
LE « NIRVANADDICT »
Skyfall, de Sam Mendes : assurément l'épisode le plus intense et le plus galvanisant de la série des James Bond depuis Permis de tuer, qui s'octroie le luxe d'être l'un des plus beaux films de 2012.
Cloclo, de Florent Emilio Siri : un modèle de biopic, à la fois intimiste et puissant, qui nous plonge dans l'âme torturée d'une icône populaire et ressuscite littéralement sous nos yeux l'esprit des années 60/70. La preuve que le cinéma français n'est pas encore totalement prisonnier de l'auteurisme pompeux et des comédies attardées.
Cheval de guerre, de Steven Spielberg : après une incursion pas très heureuse dans un univers de pixels frigide (Les Aventures de Tintin), le père de Jurassic Park opère un retour aux sources salvateur en revenant à ses amours, à un cinéma traditionnel et chaleureux où l'humain retrouve enfin sa place. Un spectacle généreux aux images de rêve.

LES GRANDS FILMS – AUX FRONTIERES DE LA PERFECTION
Argo, de Ben Affleck : leçon de mise en scène et de suspense, doublée d'une vision railleuse proprement jouissive des studios hollywoodiens. Du cinéma conçu pour le seul plaisir du spectateur, un vrai bonheur !
Le Territoire des loups, de Joe Carnahan : survival radical, terrifiant et, contre toute attente, terriblement émouvant, porté par un Liam Neeson enfin retrouvé dans un rôle très animal, aussi farouche que fragile.
Millénium : Les Hommes qui n'aimaient pas les femmes, de David Fincher : plus qu'un polar solide, bien plus fascinante et hargneuse que son somnolant homologue suédois, cette adaptation du roman de Larsson est avant tout un grand film atmosphérique transcendé par des images simultanément glauques et sublimes, un montage tutoyant la perfection et une bande originale expérimentale proprement ravageuse.

LES BONNES SURPRISES – OUTSIDERS, GUILTY PLEASURES ET CIE
Café de Flore, de Jean-Marc Vallée : porté par une rage de filmer qui provoque le frisson, un film somme, certes un peu fourre-tout, mais terriblement poignant et sans cesse innovant dans sa mise en scène.
Avengers, de Joss Whedon : le créateur de Buffy s'est fait un plaisir colossal en réunissant une flopée d'icônes Marvel, pour le plaisir non moins colossal de ses spectateurs.
La Dame en noir, de James Watkins : un film d'épouvante certes classique, mais diablement efficace et d'une beauté perpétuelle, couronné par un twist aussi cruel que magnifique.
The Dark Knight Rises, de Christopher Nolan : on pourra reprocher au cinéaste sa froideur et son manque de mesure, mais le finale de sa trilogie consacrée au Batman est un spectacle grisant, d'une solidité formelle à toute épreuve et d'une actualité affolante.
Expendables 2 : Unité Spéciale, de Simon West : du cinéma récréatif, régressif et bourrin, doté d'un casting proprement hallucinant, qui rend un bel hommage aux films d'action des années 80/90.

LES PROMETTEURS
Martha Marcy May Marlene, de Sean Durkin : beaucoup de longueurs, mais une atmosphère vénéneuse, à la fois tranquille et tendue à craquer, qu'on n'est pas prêt d'oublier. Un jeune cinéaste à suivre.
Chronicle, de Josh Trank : un found footage pas comme les autres, qui exploite sa caméra intradiégétique comme véritable moteur de sa mise en scène. Dommage que la mise en abyme se délite lors d'un finale trop conventionnel. La première heure reste la plus jouissive.
Oslo, 31 août, de Joachim Trier : une première heure assommante, plombée par des dialogues interminables, heureusement réhaussée par une magnifique deuxième partie très poétique, qui touche en même temps à la grâce et au sordide tragique.

ET POUR QUELQUES BOBINES DE PLUS
Cosmopolis, de David Cronenberg : après son catastrophique A dangerous method, le père de La Mouche nous offre une errance urbaine hypnotisante, aux dialogues aussi épiques qu'absurdes, en même temps qu'une reconversion radicale pour Robert Pattinson, qui n'hésite pas une seule seconde à pulvériser son image de bellâtre imposée par la saga Twilight.
Anonymous, de Roland Emmerich : changement de cap radical pour le pape du blockbuster spectaculaire (Independence Day, Godzilla, 2012...), qui opte ici pour un drame historique en costumes soutenu par un casting prodigieux, un scénario malin et une reconstitution faramineuse de l'Angleterre élisabéthaine. Certes pas un chef-d'œuvre, mais un beau divertissement, aussi plaisant qu'inattendu.
Tucker & Dale fightent le mal, d'Eli Craig : parodie de films horrifiques, construite comme un slasher à l'envers en retournant les codes du genre, pas prétentieuse pour un sou, souvent hilarante. Dommage que le délire ambiant ne soit pas exploité à son maximum et que le dénouement verse dans le conventionnel. Un très bon moment quand même.

MIEUX VAUT TARD QUE JAMAIS
mes meilleures séances de rattrapage
La Grande Illusion (Jean Renoir), Simone (Andrew Niccol), Bronson (Nicolas Winding Refn), Malveillance (Jaume Balaguero), Desperate Living (John Waters), Miss Détective (Donald Petrie, un grand merci à Mymp pour la découverte de ce plaisant nanar), Rubber (Quentin Dupieux), Sombre (Philippe Grandrieux, encore un merci à Mymp !), Valhalla Rising (Nicolas Winding Refn), La Planète sauvage (René Laloux), Tueurs de dames (Alexander MacKendrick), trilogie Pusher (Nicolas Winding Refn), Belle de jour (Luis Bunuel), Blindness (Fernando Meirelles), Les Goonies (Richard Donner), L'Homme invisible (James Whale), Pulsions (Brian De Palma), L'Orphelinat (Juan Antonio Bayona).

2013, MES GRANDES ESPERANCES
Only God Forgives (Nicolas Winding Refn), Django Unchained (Quentin Tarantino), Upside Down (Juan Diego Solanas), Hitchcock (Sacha Gervasi), Elysium (Neill Blomkamp), Stocker (Park Chan-wook), L'Ecume des jours (Michel Gondry), Star Trek : Into Darkness (J.J. Abrams), Kick-Ass : Balls to the wall (Jeff Wadlow), Le Dernier Rempart (Kim Jee-woon), Lincoln (Steven Spielberg), Passion (Brian De Palma), Du Plomb dans la tête (Walter Hill), Cloud Atlas (Andy et Lana Wachowski, Tom Tikwer), Les Amants passagers (Pedro Almodovar), Gatsby le Magnifique (Baz Luhrmann), Fast & Furious 6 (Justin Lin).