« Le cinéma, c'est comme l'amour. Quand c'est bien, c'est formidable. Quand c'est pas bien, c'est pas mal quand même. » George Cukor
Venant tout juste de revoir Kick-Ass de Matthew Vaughn pour la troisième fois, avec la même jubilation et le même émerveillement, voilà une bonne occasion de vous présenter une sélection de mes films de super-héros favoris.
1) Watchmen, de Zack Snyder (2009) : chef-d'œuvre absolu du genre, scénario hors-normes, dimension métaphysique vertigineuse, personnages terriblement attachants, humour noir cinglant, vision du monde pessimiste, effrayante, effets spéciaux extrêmement poétiques, bande-originale inoubliable. Scène phare : l'enterrement du Comédien, où se télescopent des flashes-back d'une tristesse et d'une monstruosité infinies.
2) Kick-Ass, de Matthew Vaughn (2010) : une merveille d'action et de comédie, offrant une vision à la fois jubilatoire, décalée et très sombre du super-héros, des scènes d'action fracassantes d'une beauté inouïe et un personnage instantanément culte : Hit-Girl. Scène phare : la tentative de sauvetage de Big Daddy (Nicolas Cage) par sa fille, monument de mise en scène où l'action débridée côtoie la plus poignante des tragédies.
3) The Dark Knight, de Christopher Nolan (2008) : le plus noir et le plus désespéré des films de super-héros, une plongée cauchemardesque et traumatisante dans les arcanes du mal le plus absolu, incarné par le terrifiant et regretté Heath Ledger. Scène phare : la prise en otage des passagers de deux bateaux par le Joker, d'un sadisme éprouvant.
4) V pour Vendetta, de James McTeigue (2006) : une réflexion explosive sur la légitimité du mal contre le mal, portée par l'interprétation et les monologues électrisants de Hugo Weaving, la folle élégance de la mise en scène, ponctuée de fracassants morceaux de bravoures, et la sublime partition musicale de Dario Marianelli. Scène phare : l'incarcération d'Evey (Nathalie Portman) et son dénouement, d'une cruauté insondable.
5) Spider-Man 2, de Sam Raimi (2004) : un très grand film, qui se paye le luxe d'allier l'efficacité d'un blockbuster, ici portée à son sommet, et les exigences d'un pur film d'auteur, à la direction d'acteurs phénoménale, d'une densité scénaristique rare. Scène phare : le combat sur le métro aérien new-yorkais, modèle de montage, de rythme, d'intensité dramatique et d'émotion.
6) Incassable, de M. Night Shyamalan (2000) : le plus subtil et le plus touchant des films de super-héros, s'attachant à dépeindre la naissance d'êtres quasi mythiques dans un monde banal, porté par l'interprétation de Bruce Willis et une mise en scène hypnotique. Scène phare : le premier exploit héroïque du protagoniste, jubilatoire mais douloureux.
7) X-Men 2, de Bryan Singer (2003) : un modèle de divertissement, élégant, excitant, techniquement virtuose, ponctué de scènes d'action novatrices et magnifiques, une inoubliable galerie de personnages hauts en couleurs. Scènes phares : l'attaque de la Maison Blanche par Diablo (sidérante) et l'incroyable évasion de Magneto, gravées à jamais dans les annales du cinéma de genre pour leur audace visuelle et leur intensité dramatique.
8) Batman Begins, de Christopher Nolan (2005) : la réinvention excitante d'une figure mythique de la culture moderne, bâtie comme un conte noir, adulte, rythmé, angoissant et truffé de clins d'œil savoureux. Scène phare : Batman fait irruption dans un bâtiment pour sauver sa bien-aimée, entouré d'une nuée de chauves-souris. Une image iconique à donner le frisson.
9) Spider-Man, de Sam Raimi (2002) : la naissance fracassante d'un nouveau mythe cinématographique, incarné par un Tobey Maguire attachant jusqu'aux larmes, aussi crédible dans les scènes intimistes que dans l'âpre brutalité des combats. Scène phare : la résolution épique d'un dilemme posé par le Bouffon Vert.
10) X-Men, de Bryan Singer (2000) : une très attachante galerie de personnages dominée par un méchant d'anthologie aussi classe que tordu (Magneto), des scènes d'action discrètes mais magnifiques, soutenues par des effets spéciaux surprenants, un finale excitant. Scène phare : Wolverine fend littéralement le cœur de sa protégée, Malicia.
11) Batman le défi, de Tim Burton (1992) : un festin esthétique hors du commun, donnant lieu à des décors et des atmosphères empruntés à l'expressionnisme et au gothique, une Michelle Pfeiffer belle à se damner, une musique sublime signée Danny Elfman, assurément l'un des plus beaux films du genre. Scène phare : la naissance de Catwoman, aussi triste qu'effrayante.
12) Heroes, série créée par Tim Kring (depuis 2006) : malgré une baisse de régime flagrante dans la seconde partie de la saison 3, cette série reste tout à fait fascinante par la justesse de sa mise en scène, son impressionnante galerie de personnages, incarnés par de fabuleux comédiens (Zachary Quinto en tête), sa musique et ses atmosphères hypnotiques, ses envolées poétiques bouleversantes, la profusion de ses intrigues et la beauté de ses images. Scène phare : le finale de la saison 1, au Kirby Plaza, couronné par le sacrifice des frères Petrelli, « Tu as sauvé la Cheerleader, nous allons sauver le monde. »
13) Constantine, de Francis Lawrence (2005) : un personnage d'anti-héros doté d'un "super-pouvoir", aussi odieux que sympathique (l'un des rares bons rôles de Keanu Reeves), une atmosphère poisseuse fascinante, des visions de l'enfer terrifiantes, des images splendides (l'Ange Gabriel déployant ses ailes dans la bibliothèque...), un humour noir qui fait mouche, un film malheureusement incompris et détesté, qui mériterait d'être réévalué. Scène phare : l'apparition finale du Diable, d'une drôlerie sinistre épatante.
14) Darkman, de Sam Raimi (1990) : ce film désormais méconnu du grand public, mais toujours adoré par les amateurs du genre et autres geeks, narrant la vengeance d'un scientifique laissé pour mort par une armée de mafieux, vaut encore pour l'énorme délire de sa mise en scène, ses audaces visuelles volontairement brouillonnes et la présence d'un grand nom à son générique : Liam Neeson. Scène phare : l'attaque et la destruction du laboratoire.
15) Batman, de Tim Burton (1989) : l'un des premiers grands films de super-héros, dix ans après le Superman de Donner, qui a fait date grâce à son esthétique hallucinante, l'interprétation toute en ambiguïté de Michael Keaton, ou totalement déjantée de Jack Nicholson, le thème culte de Danny Elfman, la noirceur de son atmosphère. Scène phare : la naissance du Joker.
16) Capitaine Sky et le monde de demain, de Kerry Conran (2004) : du cinéma-BD totalement assumé, aux décors de synthèse séduisants et enchanteurs, une mise en scène d'une énergie folle, soutenue par des acteurs visiblement très enthousiastes, la rencontre improbable mais réussie de l'esthétique des films d'aventures classiques et des prouesses du numérique. Scène phare : le réveil apocalyptique d'une armée de robots, un spectacle terrifiant.
17) Hellboy, de Guillermo del Toro (2004) : un conte aux images splendides, dont le monstrueux protagoniste, incarné par Ron Perlman, nous fascine autant qu'il nous touche, dont le bestiaire fantastique défie littéralement l'imagination. Scène phare : la naissance de Hellboy, une scène d'ouverture aussi mouvementée que sinistre.
18) Iron Man, de Jon Favreau (2008) : une mise en scène décalée, ironique et jubilatoire, soutenue par le charisme fou de Robert Downey Jr. et des effets visuels renversants, une réflexion un rien cynique sur les marchands d'armes et leurs méfaits, une vision totalement décomplexée du super-héros, qui décide, pour la première fois, de s'afficher au grand jour. Scène phare : l'évasion spectaculaire de Tony Stark du cachot où on le retient prisonnier, revêtu d'une version primitive de sa célèbre armure.
19) Superman, de Richard Donner (1978) : l'un des tous premiers blockbusters de super-héros, à la mise en scène ample, parfois poétique, qui fit de son acteur principal une véritable icône du cinéma de genre. Scène phare : le sacrifice de Jor-El (Marlon Brando) lors la destruction de Krypton, pour sauver son fils.
20) X-Men : L'Affrontement final, de Brett Ratner (2006) : un film globalement médiocre mais sauvé par la splendeur inouïe de quelques séquences (la maison flottante, le déplacement du Golden Gate, la destruction finale d'Alcatraz). Scène phare : le déchaînement apocalyptique et tragique du Phénix dans une maison en apesanteur, incroyable de beauté, de grandeur et de violence.