« Le cinéma, c'est comme l'amour. Quand c'est bien, c'est formidable. Quand c'est pas bien, c'est pas mal quand même. » George Cukor

Iron Man 2 commence là où finissait le premier opus : Tony Stark révèle au monde sa double vie de super-héros. Lui et son armure ne font qu'un. Il subit alors les pressions du gouvernement américain, qui convoite son invention, et le désir de vengeance d'un obscur scientifique russe, dont le père a été victime de la famille Stark par le passé. Que Tony, le milliardaire narcissique et cardiaque, expose son identité héroïque constituait un bon dénouement pour le précédent épisode. C'est tout le scénario du second volet qui est basé sur cette révélation et c'est là, peut-être, sa plus grande faiblesse.
Tout étant déjà dit, l'intérêt dramatique est au plus bas dès les premières minutes. Pire, on reprend les mêmes ingrédients et on recommence : ainsi, le combat final contre le méchant russe Ivan Vanko en armure indestructible (Mickey Rourke, sous-exploité) est un simple copié-collé de l'une des dernières scènes de l'épisode précédent, qui opposait Robert Downey Jr et Jeff Bridges. Le scénario se construit selon un schéma binaire lassant, alternant scènes atrocement bavardes aux dialogues épileptiques et scènes d'action bâclées offrant, via un festival d'effets spéciaux certes impressionnants (signés ILM), une débauche de spectaculaire gratuit à la limite du supportable. Faire tout sauter et pousser le caisson de graves jusqu'au délire n'ont jamais fait un bon film d'action.
Iron Man 2 souffre d'un montage schizophrène, où le bavardage l'emporte haut la main. Le film se cherche sans jamais trouver son identité, ce que son prédécesseur avait plutôt bien réussi. Ici, les scénaristes semblent hésiter constamment entre raconter la suite des aventures de Tony Stark et installer l'intrigue des Vengeurs. Résultat : la sauce ne prend jamais. L'épopée de l'homme d'acier devient trop superficielle, oubliant totalement ses seconds rôles, simplifiant à outrance la psychologie et les questionnements de son héros, s'abandonnant à une vaine surenchère pour tenter de faire oublier ses lacunes. Quant à l'annonce du projet des Vengeurs, elle ne repose que sur les apparitions anecdotiques de Nick Fury (Samuel L. Jackson) et la maigre présence de la Veuve Noire (Scarlett Johansson), limitée à quelques courts dialogues et une scène de combat vite expédiée (comme toutes les scènes de combat du film). Un casting de haut vol honteusement gâché.
Seules la mise en scène, plutôt dynamique, et l'ironie, plus présente que jamais, parviennent à donner une certaine efficacité à un ensemble qui ne restera qu'une longue bande-annonce du prochain film consacré aux Vengeurs. Pas aussi mauvais que le récent Choc des titans, mais pas impérissable. Pour retrouver un vrai plaisir de cinéma, retournons voir le formidable Kick-Ass, sorti une semaine plus tôt. Moins de moyens, mais quelle audace et quelle inventivité ! Espérons que Les Vengeurs se révèlera plus fracassant que les films qui l'annoncent...
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