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4 décembre 2010 6 04 /12 /décembre /2010 12:35

Harry Potter 7

Après un Ordre du Phénix décevant par la superficialité de son scénario et un Prince de Sang Mêlé au ton étonnamment léger, David Yates nous offre avec la première partie des Reliques de la Mort un pur chef-d'œœuvre, le meilleur épisode de la franchise Harry Potter depuis le superbe Prisonnier d'Azkaban de Cuaron.

D'une densité scénaristique exemplaire, Les Reliques de la Mort témoigne d'une grande fidélité au roman, tout en s'autorisant des moments renversants d'inventivité graphique et poétique, dont une magnifique séquence animée illustrant le conte des fameuses reliques. Mais ce qui frappe avant tout, c'est l'immense tristesse qui traverse le film. On est pris à la gorge, saisi d'une émotion rare dès les premières scènes. Les quelques plans muets montrant Hermione effacer sa propre existence pour protéger ses parents donnent le ton. La fin est proche. La douleur de la fin. Chaque scène concourt à la construction d'un long et déchirant poème, à la puissance visuelle ténébreuse, résonnant comme un adieu permanent. On meurt, on souffre, on doute, on regarde en arrière, vers les six ans de péripéties qui conduisent inéluctablement à un présent de dangers et de malheurs. Privilégiant l'émotionnel, l'intimiste et la contemplation à l'action, David Yates orchestre un thrène au rythme hypnotique, qui nous touche d'autant plus si l'on suit les mésaventures du jeune sorcier depuis leur commencement. Ce qui ne l'empêche pas de nous livrer quelques scènes dramatiques fracassantes, dont une impressionnante course-poursuite aérienne et une vénéneuse destruction d'horcruxe. L'infiltration / évasion du Ministère de la Magie par Harry, Ron et Hermione métamorphosés, ainsi que l'ultime bravoure de l'elfe Dobby sont également de purs prodiges de mise en scène.

La noirceur permanente, habilement tempérée par quelques instants bienvenus d'humour et de tendresse, place définitivement la franchise hors de portée du jeune public. A des années lumière de la niaiserie de Narnia et de Twilight, la saga Harry Potter fait preuve d'une ambition cinématographique et d'une honnêteté admirables envers les spectateurs qui ont grandi avec elle, ne censurant jamais ses instants les plus durs, les plus pénibles. Bellatrix Lestrange apparaît comme une tueuse psychopathe, Ron flirte dangereusement avec les frontières du meurtre, la paranoïa s'empare de tous les personnages. Par ses décors post-apocalyptiques et son ambiance de Seconde Guerre Mondiale, Harry Potter et les Reliques de la Mort assume une dimension plus sinistre et angoissante que jamais. La nuit devient toujours plus noire avant le lever du jour. Le dernier plan du film, paradoxalement très lumineux, nous fait appréhender la fin de cette nuit avec une intolérable impatience. Vivement juillet 2011 !

5sur5

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commentaires

M
Excellente critique du film, je partage avec plus de mesure ton engouement, en sachant que j'ai bien aimé le 6 contrairement à presque tout le monde... Enfin bon pour ce qui est de celui ci, il amorce bien la fin de la saga, en mêlant une certaine nostalgie avec un côté apocalyptique non caché et tellement passionnant !
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C
Désolé, pour moi c'est le plus mauvais des 7. C'est très lent, beaucoup trop sombre et dénué d'humour. Les acteurs sont, certes, meilleurs que dans les débuts de la franchise, mais leur "nouveau telent" n'est pas exploité. Et puis, je me suis bien emmerdé.
Mais j'ai comme toi remarqué le côté "Seconde guerre Mondiale", les rafleurs faisant penser à la SS et les "flics au ministère" à la Gestapo.
Mais j'ai entendu dire que ceux qui ont lu le livre ont appréciés le fait que (presque) tout soit respecté dans ce septième opus qui, malgré ma déception, va me pousser à sortir de chez moi en juillet 2011.
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